Le poème arabe moderne Anthologie établie et présentée par Abdul Kader El Janabi

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Voici une anthologie qui, tout en remplissant le rôle qu’implique son genre, est aussi un manifeste. Et comme elle assume ce double aspect avec rigueur dans l’information et justesse dans le propos, elle transforme la compilation en oeuvre originale. Le manifeste est discret, il tient dans le choix qu’annonce le titre et que l’ensemble réalise assez bien pour que nous découvrions, non seulement le poème arabe moderne , mais les éléments d’une révolution littéraire capitale : celle qui a métamorphosé une poétique, close depuis un millénaire sur la richesse ouvert à toutes les expériences modernes . Bernard Noël

Chacun des quatre-vingt-quatorze poètes de cette anthologie est présenté dans une notice bibliographique, qui donne un aperçu des possessions et des jouissances individuelles. L’ensemble est envisagé dans une introduction qui dévoile le contexte social et littéraire où s’est élevé le poème arabe moderne comme une arme essentielle pour affronter une modernité problématique. Un ouvrage de plaisir pour les amateurs et de référence pour les chercheurs et les critiques.

Pleure, Ô Noir, frère bien-aimé Anthologie de textes de Patrice – Émery Lumumba,

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Pleure, O Noir Frère bien-aimé

O Noir, bétail humain depuis des millénaires
Tes cendres s’éparpillent à tous les vents du ciel
Et tu bâtis jadis les temples funéraires
Où dorment les bourreaux d’un sommeil éternel.
Poursuivi et traqué, chassé de tes villages,
Vaincu en des batailles où la loi du plus fort,
En ces siècles barbares de rapt et de carnage,
Signifiait pour toi l’esclavage ou la mort,
Tu t’étais réfugié en ces forêts profondes
Où l’autre mort guettait sous son masque fiévreux
Sous la dent du félin, ou dans l’étreinte immonde
Et froide du serpent, t’écrasant peu à peu.
Et puis s’en vint le Blanc, plus sournois, plus rusé et rapace
Qui échangeait ton or pour de la pacotille,
Violentant tes femmes, enivrant tes guerriers,
Parquant en ses vaisseaux tes garçons et tes filles.
Le tam-tam bourdonnait de village en village
Portant au loin le deuil, semant le désarroi,
Disant le grand départ pour les lointains rivages
Où le coton est Dieu et le dollar Roi
Condamné au travail forcé, tel une bête de somme
De l’aube au crépuscule sous un soleil de feu
Pour te faire oublier que tu étais un homme
On t’apprit à chanter les louanges de Dieu.
Et ces divers cantiques, en rythmant ton calvaire
Te donnaient l’espoir en un monde meilleur…
Mais en ton cœur de créature humaine, tu ne demandais guère
Que ton droit à la vie et ta part de bonheur.
Assis autour du feu, les yeux pleins de rêve et d’angoisse
Chantant des mélopées qui disaient ton cafard
Parfois joyeux aussi, lorsque montait la sève
Tu dansais, éperdu, dans la moiteur du soir.
Et c’est là que jaillit, magnifique,
Sensuelle et virile comme une voix d’airain
Issue de ta douleur, ta puissante musique,
Le jazz, aujourd’hui admiré dans le monde
En forçant le respect de l’homme blanc,
En lui disant tout haut que dorénavant,
Ce pays n’est plus le sien comme aux vieux temps.
Tu as permis ainsi à tes frères de race
De relever la tête et de regarder en face
L’avenir heureux que promet la délivrance.
Les rives du grand fleuve, pleines de promesses
Sont désormais tiennes.
Cette terre et toutes ses richesses
Sont désormais tiennes.
Et là haut, le soleil de feu dans un ciel sans couleur,
De sa chaleur étouffera ta douleur
Ses rayons brûlants sécheront pour toujours
La larme qu’ont coulée tes ancêtres,
Martyrisés par leurs tyranniques maîtres,
Sur ce sol que tu chéris toujours.
Et tu feras du Congo, une nation libre et heureuse,
Au centre de cette gigantesque Afrique Noire.

Patrice Lumumba

George Padmore, Kwame Nkrumah, Cyril L.R. James et l’idéologie de la lutte panafricaine – Elikia M’Bokolo

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Extrait: Ce n’est pas par pur artifice qu’on peut associer les noms de C.L.R. James, George Padmore et Kwame Nkrumah. Ils appartiennent tous les trois à la même génération intellectuelle et politique du panafricanisme : cette génération qui, des années 1930 aux années 1960, a fondé le panafricanisme en idéologie, l’a transformé en projet politique et l’a déployé à travers un ensemble d’actions concrètes ayant pour objectif ce qu’elle appelait une révolution.
En s’appuyant sur les écrits et la pratique de ces personnalités, ce texte veut montrer que c’est par une succession de rencontres, d’échanges et de ruptures, que l’idéologie de la lutte panafricaine a défini sa singularité à la fois par rapport au pan-négrisme et au communisme, dans un effort de dépassement et d’accomplissement du nationalisme né dans le cadre des territoires coloniaux. Cette émancipation, qui fut politique, est allée de pair avec une démarche intellectuelle caractérisée par la place de premier plan qu’elle accorde à l’histoire et par son souci permanent d’inscrire toute analyse des situations africaines dans le contexte plus large des affaires du monde.

Au Cameroun de Paul Biya – Fanny Pigeaud

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Au moyen de campagnes de presse internationales, son gouvernement vante régulièrement la stabilité politique du Cameroun : contrairement à la plupart des États qui l’entourent, il n’a pas connu de coup de force au cours des dernières décennies.
Mais de nombreux indices contredisent cette idée d’un pays sans histoires. Les plus flagrants sont ceux de 2008 : des centaines de jeunes ont manifesté pendant plusieurs jours contre la vie chère et un projet de modification de la Constitution donnant la possibilité à Paul Biya de briguer un nouveau mandat fin 2011. Cette situation quasi-insurrectionnelle a causé la mort de plusieurs dizaines de personnes, tuées par les forces de sécurité. Malgré ces évènements, la révision constitutionnelle a été adoptée, montrant un président crispé sur son pouvoir.
Pourquoi les espoirs de 1982 ont-ils peu à peu laissé place au profond désarroi exprimé en 2008 ? Comment le pays estil devenu l’un des plus corrompus du monde ? A quoi tient la longévité politique de Paul Biya ? A partir de faits et de témoignages, cette enquête décrit le cheminement du Cameroun sous sa présidence. Elle analyse le fonctionnement de son régime et les ressorts de sa durée, parmi lesquels figurent la manipulation des identités ethniques et le soutien de la France. Elle présente l’état de délabrement inquiétant de la société camerounaise après 30 années de « Renouveau » et tente de dresser des perspectives.

Fanny Pigeaud est journaliste. Formée notamment par le Centre d’études d’Afrique noire (CEAN) de l’Institut d’études politiques (IEP) de Bordeaux, elle a été pendant plusieurs années la correspondante au Cameroun de l’Agence France-Presse et du quotidien français Libération. Elle a aussi travaillé au Gabon et a eu l’occasion de faire des reportages dans plusieurs autres pays africains.

Comment le peuple juif fut invente – Sand Shlomo

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Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d’historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ? Dans le sillage de la « contre-histoire » née en Israël dans les année 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l’histoire « de longue durée » des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Temple, en l’an 70 de l’ère chrétienne, ou bien s’agit-il ici d’un mythe chrétien qui aurait infiltré la tradition juive ? Et, si les paysans des temps anciens n’ont pas été exilés, que sont-ils devenus L’auteur montre surtout comment, à partir du XIXe siècle, le temps biblique a commencé à être considéré par les premiers sionistes comme le temps historique, celui de la naissance d’une nation. Ce détour par le passé conduit l’historien à un questionnement beaucoup plus contemporain : à l’heure où certains biologistes israéliens cherchent encore à démontrer que les juifs forment un peuple doté d’un ADN spécifique, que cache aujourd’hui le concept d’« État juif », et pourquoi cette entité n’a-t-elle pas réussi jusqu’à maintenant à se constituer en une république appartenant à l’ensemble de ses citoyens, quelle que soit leur religion ? En dénonçant cette dérogation profonde au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne, Shlomo Sand délaisse le débat historiographique pour proposer une critique de la politique identitaire de son pays. Construit sur une analyse d’une grande originalité et pleine d’audace, cet ouvrage foisonnant aborde des questions qui touchent autant à l’origine historique des juifs qu’au statut civique des Israéliens. Paru au printemps 2008 en Israël, il y est très rapidement devenu un best-seller et donne encore lieu à des débats orageux.

Né en 1946, Shlomo Sand a fait ses études d’histoire à l’université de Tel-Aviv et à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Les Mots et la terre (Fayard, 2006), est son dernier ouvrage publié en français.

Sorcières, Sages-Femmes et Infirmières – une histoire des femmes et de la médecine – Barbara Ehrenreich

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Engagées dans le Mouvement pour la santé des femmes dans les années 1970, Barbara Ehrenreich et Deirdre English enquêtent sur les racines historiques de la professionnalisation du corps médical. Portant un regard féministe sur les chasses aux sorcières en Europe et la suppression de la profession de sage-femme aux Etats-Unis, elles s’interrogent : et si, derrière ces événements, se cachait une véritable monopolisation politique et économique de la médecine par les hommes de la classe dominante, reléguant peu à peu les femmes à la fonction subalterne d’infirmière docile et maternelle ? Depuis sa parution aux Etats-Unis en 1973, cet essai concis et incisif a ouvert la voie à de nombreux travaux de recherche et prises de conscience. Cette traduction s’ouvre sur une préface inédite des deux auteures.

Ce texte pose un grand nombre de questions sur l’histoire des femmes. Pourquoi a-t-on brûlé des milliers de femmes en les accusant de sorcellerie? Pourquoi les femmes sont-elles devenues les ouvrières d’une industrie, celle de la santé, dans laquelle les hommes sont des patrons? Deux questions qui semblent éloignées l’une de l’autre et qui pourtant ont des explications assez semblables.

«Comme tout événement historique nous a été rapporté par une élite culturelle, on ne connaît les sorcières qu’à travers les yeux de leurs bourreaux.»

Il faut donc réapprendre notre histoire.

 

 

assata Shakur autobiographie

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Assata Shakur, membre de la Black Liberation army, devenu première femme à intégrer la liste des dix terroristes recherchés par le FBI, a vu son histoire devenir emblématique des relations socio-raciales et de la férocité policière de Etats-Unis. Cette autographie intime et politique raconte avec force sa vie d’activisme ainsi que les réussites et les échecs des groupes révolutionnaires. Un contribution majeure à l’histoire de la libération Noire.

La « Garde rouge » raconte: Histoire du Comité ouvrier de la Magneti Marelli (Milan, 1975-78) – E. Menstati

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Dans une grande usine milanaise, la Magneti Marelli, plusieurs dizaines de salariés s’organisent au milieu des années 1970 contre la direction et les syndicats dans un Comité politique ouvrier. Bientôt, cette « Garde rouge » comptera plusieurs centaines d’ouvriers (sur les 5000 de l’usine) – soit une force équivalente à celle du PCI – et sera en mesure d’imposer l’arrêt des mesures de restructuration (licenciements, délocalisation). Ce Comité ouvrier ne reste pas cantonné dans les murs de l’usine et participe aux autres luttes, grèves, manifestations, nombreuses à l’époque en Lombardie et dans toute l’Italie, et notamment à cette manière radicale de combattre l’inflation : les « autoréductions ». La Magneti Marelli ne fut pas la seule usine italienne à connaître des organes autonomes ouvriers, mais c’est son Comité qui a servi de référence à tous les autres, à la fois par ses initiatives propres et par sa capacité à faire profiter de son expérience les ouvriers des petites entreprises environnantes. Ce combat exemplaire s’inscrit dans le cours de cette tentative révolutionnaire des années 1968-1979, qu’il importe de défendre contre les falsifications et les calomnies qui l’accablent, et d’en tirer toutes les leçons qui s’imposent.

Emilio Mentasti, historien né en 1962, a aussi publié une somme sur le mouvement ouvrier de la région de Bergame entre 1967 et 1980.

LES PROLÉGOMÈNES La Muqaddima d’Ibn Khaldoun

tome I

tome II

tome III

La Muqaddima d’Ibn Khaldoun (arabe : المقدمة), ou Al-Muqaddima (Introduction à l’histoire universelle), ou en français les Prolégomènes, ou en grec les Prolegomena, est un livre écrit par l’historien Ibn Khaldoun, d’Ifriqiya, en 1377 qui enregistre un début de conception musulmane de l’histoire universelle.

Certains penseurs modernes le considèrent comme le premier ouvrage traitant de la philosophie de l’histoire ou, parmi les sciences sociales, de la sociologie, de la démographie, de l’historiographie ainsi que de l’histoire culturelle, ou comme l’un des précurseurs de l’économie moderne dans les temps anciens

Le travail traite également de la théologie islamique, des sciences naturelles, de la biologie et de la chimie. Ibn Khaldoun a écrit son ouvrage en 1377 comme préface à son premier livre sur l’histoire universelle, Kitab al-Ibar (arabe : كتاب العبر, recueil des préceptes), mais déjà de son vivant, la Muqaddima fut considérée comme une œuvre indépendante.

Selon G. Marçais, les Prolégomènes sont « un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Séville musulmane au début du XIIe siècle. Le traité d’Ibn ‘Abdun sur la vie urbaine et les corps de métiers – Évariste Lévi-Provençal

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« Tout étudiant, tout chercheur ayant eu à travailler sur l’histoire d’al-Andalus, a lu et admiré l’œuvre historique d’Évariste Lévi-Provençal, en particulier son Histoire de l’Espagne musulmane. À ce magistral tableau, le grand historien d’al-Andalus a ajouté un éclairage tout aussi remarquable par la quantité de sources découvertes, éditées puis traduites. Comme il le souligne dans son introduction, le traité de police des marchés d’Ibn ‘Abdûn demeure un document extrêmement précieux à plus d’un titre. En effet, si ce traité s’inscrit dans une longue tradition d’un genre juridique qui apparut d’abord en Orient, il se distingue à de nombreux titres des autres traités de hisba, par des ajouts et par des prises de position très engagées, donnant ainsi son point de vue sur une société troublée par les crises internes et la conquête chrétienne. C’est là tout l’intérêt de l’ouvrage souligné par Évariste Lévi-Provençal. Déjà largement exploité par les historiens d’al-Andalus, en particulier dans le magistral El señor del zoco en España de Pedro Chalmeta (1973), ce document exceptionnel demeure un outil indispensable pour toute étude sur la société d’al-Andalus. Dans le cadre d’une abondante littérature juridique qui pallie en partie l’absence d’archives, la réédition de la Séville musulmane au début du XIIe siècle, sera une redécouverte pour certains lecteurs, un outil de travail très précieux pour d’autres, attentifs à l’histoire de la société d’al-Andalus. »

Sept thèses erronées sur l’Amérique latine ou Comment décoloniser les sciences humaines – Rodolfo Stavenhagen

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L’ouvrage de R. Stavenhagen est constitué du regroupement de cinq textes critiques, publiés entre 1966 et 1971 par l’auteur, remettant en cause certaines idées amplement diffusées et véhiculées à l’égard de l’Amérique Latine, et plus précisément, concernant les causes du « sous développement » du continent latino américain. Réunies dans cet ouvrage, ces études critiques sont formulées sur la base de «sept thèses erronées sur l’Amérique Latine», que l’auteur s’apprêtera à démentir dans le premier chapitre, en expliquant que ces thèses masquent d’autres réalités sociales de l’Amérique Latine. L’auteur dénonce le fait que les sciences humaines produites en Amérique Latine aient été, pendant longtemps et dans une certaine mesure encore aujourd’hui, subordonnées aux sciences humaines de l’Occident, de la société dominante, imposant dés lors des idées biaisées sur l’Amérique Latine, et pourtant véhiculées au sein même du continent latino-américain, par les sciences humaines latino-américaines elles mêmes. Stavenhagen parle ainsi de « dépendance intellectuelle et culturelle ». La colonisation a véhiculé une certaine vision des colonisés, et a induit en eux une auto-perception de leur être en tant que colonisé, devant nécessairement se développer en calquant l’exemple des sociétés « jadis » colonisatrices.

La révolution haïtienne: une avancée postcoloniale – Laënnec HURBON

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Extrait:

L’insurrection des esclaves de Saint Domingue dans la nuit du 22 au 23 août 1791, a été un événement capital dans l’histoire universelle, elle aboutit en 1804 à l’indépendance d’Haïti après une victoire de l’armée des indigènes contre les armées napoléoniennes fortes d’environ 50 000 hommes expédiés sous la direction du général Leclerc. Ce fut une véritable révolution, mais elle n’a pas été perçue comme telle dans l’historiographie française et européenne. Bien plus, elle a été systématiquement banalisée. Or elle suscite un nombre considérable d’interrogations pour lesquelles jusqu’à présent nous ne disposons pas de réponses satisfaisantes.

D’abord, il faudra savoir quelle interprétation on a fait en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis de la révolution haïtienne. De même on devra s’enquérir de la place qui est faite à cette révolution dans l’histoire et l’anthropologie naissantes au xixe siècle. Que deviennent les notions de race, de nation, de religion dans le cadre du nouvel État non européen qui s’établit dans la Caraïbe ? Quelles sont les contraintes rencontrées par ce nouvel État issu d’une classe d’esclaves révoltés ? Dans la littérature européenne comme dans la philosophie, comment parvient-on à penser les rapports entre l’universalisme des Lumières et la particularité des cultures autres (non-occidentales) mais matinées du triple héritage européen, amérindien et africain ? Quelle vision de l’Afrique la révolution haïtienne impose-t-elle ? Et quelle mémoire aujourd’hui induit la révolution haïtienne pour l’histoire universelle ?

Ibn Battûta Voyages II. De La Mecque aux steppes russes (1858)

 Dans ce volume : De la Mecque aux steppes russes et à l’Inde, Ibn Battûta quitte la Mecque pour une longue navigation dans l’océan indien et le Golfe Persique. Ensuite, il visite l’Asie Mineure et les steppes russes avant d’arriver en Inde à travers l’Asie Centrale. Il commence une longue description de l’Inde qui se poursuivra dans le troisième volume.

Émile Agnel PROCÈS CONTRE LES ANIMAUX CURIOSITÉS JUDICIAIRES ET HISTORIQUES DU MOYEN-ÂGE

Toutefois notre but n’est pas de critiquer ici des usages plus ou moins absurdes, mais d’en constater simplement l’existence. Nous bornons notre rôle à raconter les faits, sauf au lecteur à en tirer lui-même les conséquences.

Plusieurs siècles nous séparent de l’époque dont nous cherchons à étudier les mœurs et les idées, qui forment avec les nôtres de si étranges disparates; aussi n’est-ce qu’après de scrupuleuses recherches faites dans les ouvrages des jurisconsultes et des historiens les plus respectables, que nous avons osé présenter cette rapide esquisse.

Comptoirs et villes coloniales du Sénégal: Saint-Louis, Gorée, Dakar Alain Sinou

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En 1637, Richelieu crée la première compagnie de traite ayant l’exclusivité du commerce sur les côtes d’Afrique ; cinq ans plus tard, à l’embouchure du fleuve Sénégal, une habitation fortifiée est construite sur l’île de N’Dar ; elle sera appelée Saint-Louis. C’est en 1862, alors que la conquête territoriale du Sénégal débute, qu’est fondée la ville nouvelle de Dakar, face à l’ancien comptoir de Gorée. Il faudra attendre le Congrès d’urbanisme qui se tient à Paris en 1931, lors de l’Exposition coloniale, pour que soient définitivement posées les règles d’organisation spatiale des villes coloniales. Ces trois dates cadrent l’ouvrage dont l’objectif principal est de retracer l’histoire de la construction des comptoirs et des villes de la côte sénégalaise. Histoire matérielle, bien sûr, celle des projets et des réalisations, depuis les premiers forts jusqu’aux bâtiments administratifs ; histoire des idées et des mentalités aussi, qui ont rendu possible la mise en œuvre de toutes ces opérations. Les relations entretenues pendant trois siècles par la colonie du Sénégal avec la métropole évoluent profondément ; les façons de bâtir l’espace urbain aussi. Si les premières bâtisses et les premiers plans rappellent les constructions françaises, avec la colonisation, des formes spécifiques sont élaborées, depuis le quartier  » indigène  » jusqu’aux villas à vérandas. Toutes ces actions conduisent à produire un paysage original, dont on trouve encore les traces matérielles dans les quartiers anciens. Aujourd’hui ces constructions sont menacées par la croissance urbaine, mais la philosophie d’action qui les a inspirées influence encore souvent la façon de penser et de bâtir la ville africaine

Rosa Luxembourg marxisme contre dictature

Cette brève série d’essais traite des rapports, tels que les conçoit Rosa Luxembourg (1870-1919), entre la théorie marxiste et l’organisation politique concrète
de la cité. Il s’agit pour elle avant tout de mettre en garde ses lecteurs contre le péril qu’elle discerne dès 1904 : l’ultracentralisme dictatorial

Frantz Fanon, Pour la révolution africaine. Écrits politiques.

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Les textes politiques de Frantz Fanon publiés dans ce volume couvrent la période la plus active de sa vie, de la publication de Peau noire, masques blancs en 1952 – il avait alors vingt-huit ans – à celle des Damnés de la terre en 1961, qui devait coïncider, à quelques jours près, avec la date de sa mort. Retraçant le fil d’une réflexion en constante évolution sur le phénomène colonial, vécu de l’intérieur, ces textes dénoncent à la fois le colonialisme et les pièges de la décolonisation, – la «grande erreur blanche» et le «grand mirage noir ». Explorant tour à tour la situation du colonisé, dont il peut rendre compte scientifiquement par son expérience médicale quotidienne, l’attitude des intellectuels de gauche face à la guerre d’Algérie, les perspectives de conjonction de la lutte de tous les colonisés et les conditions d’une alliance de l’ensemble du continent africain, Frantz Fanon gardait la certitude de la prochaine libération totale de l’Afrique. Son analyse et la clarté de sa vision nous donnent aujourd’hui les clés nécessaires pour comprendre la réalité africaine actuelle.

Peau noire masques blancs – Frantz Fanon

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La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d’avenir.

Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l’homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d’intellectuels du tiers monde.

Frantz Fanon (1925-1961)

Né à Fort-de-France, il s’engage dans les Forces française libre en 1943, puis étudie la médecine, la philosophie et la psychologie à Lyon. Il devient médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, mais il est expulsé d’Algérie en 1957 et s’installe à Tunis où il reste lié avec les dirigeants du GPRA. Il meurt d’une leucémie après avoir publié deux autres ouvrages consacrés à la révolution algérienne et à la décolonisation.

 

Les damnés de la terre – Frantz Fanon

 

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« La violence qui a présidé à l’arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l’économie, les modes d’apparence, d’habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d’être l’histoire en actes, la masse colonisée s’engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d’action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé. » Frantz Fanon.
Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d’Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi — et sert encore aujourd’hui — d’inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d’un tiers monde révolutionnaire porteur d’un « homme neuf » restent un grand classique du tiers-mondisme, l’œuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon. Dans cette nouvelle édition, la préface de Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, auteur du Portrait de Frantz Fanon (Seuil, 2000), et la postface de Mohammed Harbi, combattant de la première heure pour la libération de son pays et historien de l’Algérie contemporaine, auteur de Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 (La Découverte, 2001), restituent l’importance contemporaine de la pensée de Frantz Fanon.

Le mouvement panafricaniste au vingtième siècle: recueil de textes

 

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Il s’agit d’une contribution intellectuelle au cinquantenaire de l’Union africaine, héritière de l’Organisation de l’Unité africaine qui fut fondée à Addis-Abeba (Éthiopie) le 25 mai 1963.

Les textes réunis reflètent la mobilisation multiforme des Africains du continent et de la diaspora tout au long du XXe siècle, et au début du XXIe, contre les discriminations, pour l’égalité et le développement. Depuis la Conférence panafricaine de Londres en 1900 jusqu’à la constitution de l’Union africaine, en passant par les congrès des écrivains et artistes noirs, les festivals des arts et de la culture…

A travers ces textes s’exprime aussi la diversité des identités et des cultures politiques au sein du mouvement panafricaniste. La thématique du respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques se trouve au cœur de cet ouvrage, qui regroupe notamment les prises de position des écrivains, des intellectuels, des militants de la société civile et des leaders politiques.

A l’heure de la société de l’information, marquée par la montée en puissance des supports numériques dans la diffusion des connaissances, la mise en ligne de cette anthologie, unique en son genre, vient combler un vide dans la littérature en langue française sur le panafricanisme.

Immigration postcoloniale et mémoires – Abdellali Hajjat

 

 

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Pourquoi la transmission de la mémoire de l’immigration postcoloniale a tant de mal à s’effectuer ? Quels sont les obstacles qui se posent à elle ?
A travers des entretiens réalisés auprès de lycéens des Minguettes à Vénissieux (Rhône), une plongée dans l’intimité des relations familiales permet de saisir les effets de l’injonction à l’intégration : l’ambivalence des héritages de l’immigration, et les ruptures familiales et spatiales. Ce sont ces conséquences qui permettent de comprendre la difficile transmission de la mémoire de l’immigration postcoloniale.

 

 

Si la cour du mouton est sale ce n’est pas au porc de le dire – Florent Couao-Zotti

 

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Comme le titre le laisse présager, il s’agit d’un roman africain. Du Bénin plus exactement. De Cotonou, la capitale du Bénin pour être tout à fait précis. C’est là que vit Smaïn, Libanais d’origine qui a fui la guerre. Fils d’honnête commerçants et ancien joueur de foot, il a mal tourné et est devenu un des parrains de la ville.

Il a été chargé par ses supérieurs de retrouver une valise pleine de drogue dérobée par trois prostituées. Il a réussi à retrouver l’une d’elles mais elle est morte sans parler. Les deux autres prostituées ne savent quoi faire. Pendant que l’une tente de jouer au plus fin avec le gangster, l’autre fait appel à un détective privé.

Si on ajoute à cela un homme de main un peu crétin, deux policiers décidés à coincer Smaïn, un DJ drogué, un gardien d’hôpital qui croit aux esprits et une foule prête à lyncher ceux qui font trop de bruit dans le quartier, on a tous les ingrédients d’un polar sanglant et un peu décalé.

Mais le vrai héros de l’histoire, c’est Cotonou, la Cour du Mouton, prise entre tradition et modernité. Il y a certes pire ailleurs (la Cour du Porc par exemple) mais c’est pas spécialement joyeux pour autant. Florent Couao-Zotti nous montre un monde qui va de la simple débrouille à la corruption la plus noire et où tous les trafics sont possibles.

L’autre force du roman est son langage. Il y a bien sûr les excellents proverbes africains (titre de chaque chapitre) mais il y a aussi l’utilisation d’un français très imagé et mâtiné de termes africains. C’est ce langage qui fait entrer le lecteur directement dans l’ambiance et l’esprit de Cotonou sans tomber dans l’exotisme bon marché. A la fin du livre il y a d’ailleurs un glossaire qui reprend la définition de certaines de ces expressions.

Le livre a été publié aux éditions du Serpent à Plumes en 2010 et a obtenu le prix Ahmadou Kourouma la même année

Jean-Paul Charnay – Regards sur l’islam, Freud, Marx, Ibn Khaldun –

 

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L’Islam entre aujourd’hui dans un schisme crucial pour son devenir. Deux voies s’affrontent : une vision dure (salafie) qui veut restaurer la pureté des origines par application totale de la révélation coranique et une option douce (néo-soufie) qui tend à restreindre les prescriptions à une spiritualité dont l’observance de la charîa ne serait pas le signe.
Au-delà de l’exégèse, « Regards sur l’islam, Freud, Marx, Ibn Khaldun  » propose quelques dissociations anthropologiques, et s’interroge sur les possibilités d’interprétations des traumastismes arabo-musulmans contemporains par les théories croisées de Marx, Ibn Khaldun et Freud.
En dépit d’apparents antagonismes, chacun des systèmes analysés ici : symbolique sacrificielle freudienne, géopolitiques orientales marxistes et renouvellement khaldunien de l’histoire, confrontés les uns aux autres dans un jeu de miroirs, est à même de dévoiler les faces cachées de l’histoire et de la psyché musulmanes, d’interpréter des attitudes stratégiques et les légitimations dogmatiques actuelles.

Ouvriers contre le travail- Barcelone et Paris pendant les fronts populaires – Michael Seidman

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Michael Seidman montre la continuité de la résistance au travail, en grande partie ignorée ou sous-estimée par les théoriciens et historiens du XXe siècle. Au moment des fronts populaires, les ouvriers ont persévéré dans leurs pratiques antérieures qui donnaient déjà le caractère extérieur, utilitaire du sens de leur travail : des refus directs et indirects, par l’absentéisme, le coulage de cadence, le vol. la grève, etc. Au moment où s’est posée la question du contrôle ouvrier – révolutionnaire ou réformiste – du procès de production. les luttes quotidiennes sur le lieu de travail, à Paris et Barcelone, étaient des faits de résistance :  » La résistance était aussi un phénomène conjoncturel et cyclique, mais les refus sont restés une part intrinsèque de la culture ouvrière et sont apparus à différentes périodes avec diverses divisions du travail. Pendant les fronts populaires. les ouvriers se révoltaient contre un ensemble de disciplines, y compris celles imposées par les organisations ouvrières. Les salariés souhaitaient certainement contrôler leurs lieux de travail, mais généralement afin d’y travailler moins. On peut supposer que la façon d’éliminer la résistance n’est pas le contrôle ouvrier sur les moyens de production mais plutôt l’a ‘ n du travail salarié lui-même.  » Il nous est alors possible de voir, dans ces affrontements entre ouvriers et organisations ouvrières, des collectivités barcelonaises aux usines aéronautiques parisiennes, la. contradiction interne des mouvements de front populaire. qu’ils aient été révolutionnaires ou réformistes. L’impossibilité d’un triomphe de la classe du travail, en tant que telle, se manifeste sous sa forme la plus empirique. C’est la faillite d’un programme ouvrier dans ses propres termes, alors sommé de se réaliser dans un moment critique.

L’incendie millénariste – Georges Lapierre et Yves Delhoysie (Os Cangaceiros)

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La question de savoir si l’Âge d’Or a existé une fois, quelque part, est ici hors de propos. La question véritable étant plutôt que des hommes, depuis toujours, ont été fascinés par l’idée d’un temps et d’un monde où l’on vivrait en toute liberté, sans être assujetti au labeur et sans être séparé par le règne de l’argent et de la propriété privée. Ce rêve conserve aujourd’hui encore tout son sens.

L’insurrection des esclaves de Saint-Domingue (22-23 août 1791) – Sous la direction de Laënnec HURBON

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Dans la nuit du 22 au 23 août 1791 éclate une violente insurrection à Saint-Domingue, colonie française des Antilles. Esclaves noirs et affranchis revendiquent la liberté et l’égalité des droits avec les citoyens blancs.

C’est le début d’une longue et meurtrière guerre qui mènera à l’indépendance de l’île ; la plus grande révolte servile de l’Histoire… et la seule qui ait réussi.

DRUM – Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires (extraits de revue)

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John Watson est l’un des fondateurs de la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires de Détroit, Michigan.
Après la « Grande Rébellion » de Détroit qui, du 23 au 27 juillet 1967, causa 43 morts, 1189 blessés et 7200 arrestations, John Watson lance aux côtés de General Baker, Mike Hamlin et Luke Tripp, le journal Inner City Voice : « journal de la communauté noire » et « voix de la Révolution », selon les slogans affichés en Une.
En septembre 1968, et comme suite à la création du Mouvement Syndical Révolutionnaire de l’usine Chrysler de Dodge Main (DRUM), il prend avec Nick Medvecky la direction du South End, le journal étudiant de l’université d’État de Wayne, et transforme cet organe déconnecté socialement en un dynamique porte-parole de la communauté noire visant à influer sur la politique de la ville : «avec l’intention de promouvoir les intérêts des victimes pauvres, opprimées, exploitées, et impuissantes face à l’impérialisme et au capitalisme monopoliste raciste blanc «(premier éditorial de Watson le 26 septembre 1968). En tant que membre, à la fois, des Black Panthers et du DRUM, John Watson représente le mouvement de libération noire américain à la conférence internationale anti-impérialiste organisée en Décembre 1968 à Naples, en Italie. Comme suite à la réalisation fin 1969 du film Finally Got the News, sur ce qui sera bientôt La Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires, par le collectif Newsreel réunissant des révolutionnaires blancs et noirs, John Watson crée Black Star Productions pour « produire et distribuer des films traitant des problèmes sociaux et politiques les plus essentiels de notre époque ».

 

Compilation de textes de Murray bookchin

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Murray Bookchin, né en 1921 et décédé en 2006, est très peu connu et très peu traduit en France. Cette amnésie est d’autant plus surprenante que ses travaux furent précurseurs dans des domaines qui occupent aujourd’hui le premier plan de toute réflexion politique : la question du lien entre le capitalisme et l’environnement ; celle de la démocratie directe décentralisée. Sur ces deux thèmes, Bookchin a ouvert des pistes parfaitement intempestives, au sens nietzschéen : d’une inaltérable actualité. Fondateur de l’écologie sociale radicale d’un côté, théoricien du municipalisme libertaire de l’autre, il fut un anarchiste viscéral, soucieux de ne jamais céder devant les tendances nihilistes plus portées sur le mysticisme du retour à la nature que sur la transformation de la Cité. Revisiter ce parcours intellectuel dans le siècle, c’est aussi mesurer la force d’inertie de nos sociétés, leur incapacité à prendre en considération l’urgence écologique et le déficit démocratique autrement qu’en y répondant par l’adaptation de la novlangue néolibérale — verdissement de la finance et autre greenwashing d’un réel qui s’obstine pourtant à aller… mal. Mais surtout, Bookchin offre des pistes positives pour penser le monde à venir, sans renoncement au politique ni naïveté spontanéiste. L’auteure brosse ici à grands traits le portrait d’un homme libre et de son combat pour « résister avec des idées même lorsque les événements inhibent temporairement la capacité à agir¹ ».

Le courant « bordiguiste » – (1919-1999) France, Italie, Belgique – P. Bourrinet

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Le courant Bordigiste tire son héritage de la Gauche du Parti Socialiste Italien d’avant la guerre de 1914, regroupé autour d’Amadéo Bordiga. Ce courant fut le premier dans le mouvement socialiste, puis communiste, a refuser par principe toute participation aux élections parlementaires. Bordiga combattit au sein de la Troisième Internationale pour l’adoption de termes stricts pour déterminer qui est membre du parti, ce qui impliquait l’exclusion du parti de tous membres qui avaient soutenu la participation à la première guerre mondiale, ou adopté une attitude centriste sur cette question clé.r Aprés la deuxième guerre mondiale, le courant autour de Bordiga a participé à la formation du Parti Communiste Internationaliste en 1943-45, pour scissionner en 1952 et former le Parti Communiste International. Après une série de scissions (chacune créant un nouveau « Parti Communiste International »), la principale organisation représentant la tradition bordigiste s’est complètement désintégrée dans les années 80 suite à son propre opportunisme et à son infiltration par des gauchistes et des nationalistes arabes.

À l’assaut du ciel: Composition de classe et lutte de classe dans le marxisme autonome italien – Steve Wright

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L’opéraïsme est un courant marxiste radical qui s’est développé dans l’Italie des années 1960 et 1970, comme tentative de confronter la théorie générale du Capital avec  » l’étude réelle de l’usine réelle « . En rapportant le comportement de lutte actuel de la classe ouvrière à sa structure matérielle actuelle dans le rapport d’exploitation, le but des théoriciens opéraïstes était de comprendre  » les nouvelles formes d’action indépendante de la classe ouvrière « . Le livre fort bien documenté de Steve Wright raconte l’histoire de ce courant, nourri de toutes les luttes de l’époque, et s’efforce d’apprécier son apport dans le contexte des récentes mobilisations  » contre le capital global  »

 

Sociologie d’une révolution (L’an V de la révolution algérienne) – Frantz Fanon

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Publié pour la première fois en 1959 et sans cesse réédité depuis, ce « classique de la décolonisation » reste d’une profonde actualité pour comprendre les ressorts du mouvement d’émancipation qui conduisit à la guerre d’indépendance algérienne. Ce livre est né de l’expérience accumulée au cœur du combat, au sein du FLN. Car Frantz Fanon, né antillais et mort algérien (1925-1961), avait choisi de vivre et de lutter parmi des colonisés comme lui, en Algérie, pays du colonialisme par excellence. Texte militant, cet ouvrage fut aussi la première analyse systématique de la transformation qui s’opérait alors au sein du peuple algérien engagé dans la révolution.
Ce texte, parmi les tout premiers publiés aux Éditions Maspero, décrit de l’intérieur les profondes mutations d’une société algérienne en lutte pour sa liberté. Ces transformations, la maturation politique et sociale, ignorées par les colons alors qu’elles étaient justement les fruits de la colonisation et de l’humiliation, présidèrent pourtant largement au processus qui mena à la guerre d’Algérie, « la plus hallucinante qu’un peuple ait menée pour briser l’oppression coloniale ».

Une négritude socialiste. Religion et développement chez J. Roumain, J.S. Alexis, L. Hughe s. Claude Souffrant

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Les deux écrivains haïtiens J. Roumain et J.-S. Alexis, et le noir américain Langston Hughes constituent une Ecole particulière du mouvement de la Négritude dans la mesure où ils ont suivi une démarche commune : inscrire la quête d’identité culturelle dans une revendication sociale, sans toutefois réduire l’une à l’autre. A partir d’une analyse sociologique de leurs oeuvres romanesques, principalement celles consacrées à Haïti, Claude Souffrant, lui-même haïtien, situe ces trois auteurs par rapport aux autres courants ou contre-courants de la négritude, illustrés par J. Price-Mars, R. Maran, L.-S. Senghor, R. Depestre, N. Guillen. La perspective socialiste des Roumain, Alexis, Hughes les sauve de la récupération et de l’usure idéologique qui ont largement atteint le mouvement de la négritude. De plus, la place tenue par la religion populaire chez ces écrivains conduit Claude Souffrant à trouver dans leur vision critique du christianisme un avant-signe du renouveau exprimé par les théologies noires de libération.

Le Coran, la Bible et l’Orient ancien – Mondher Sfar

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Cette étude d’anthropologie et d’histoire comparée des religions met au jour pour la première fois les principales institutions du texte fondateur de l’Islam : l’Assemblée divine, le prophétat, la royauté, l’épopée, la guerre, le traité, le culte des ancêtres… Tout en revoyant et affinant la dette de la Bible vis-à-vis de la littérature de l’Orient ancien, ce livre montre l’étonnante continuité idéologique qui existe entre le Coran et le monde mésopotamien ancien. C’est que l’Arabie et la Mésopotamie ont constitué de tous temps une unité aussi bien géographique et historique, que linguistique, religieuse et culturelle.

Ibn Khaldûn, Un islam des « Lumières » – Claude Horrut

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Un historien du XIVe siècle peut-il nous apprendre quelque chose aujourd’hui ? Oui, dans le cas d’Ibn Khaldûn. Depuis plus d’un siècle, la pensée occidentale n’a-t-elle pas récupéré dans ses propres catégories cet intellectuel du monde arabe, trop connu pour être bien connu ? Ce ne sont pas quelques extraits, mais l’ensemble de l’œuvre de cet homme d’esprit  » de tous les temps  » que le présent ouvrage nous invite à relire. Il décrit de façon synthétique et accessible à un large public les étapes de la pensée et de la vie de l’auteur de Muqaddima; et des Ibar, livres d’histoire et sur l’histoire largement traduits. Issu de la brillante culture de l’Empire arabo-berbéro-andalous d’Occident, Ibn Khaldûn a été confronté, dans sa description des sociétés nomades et urbaines du Sud, à l’opposition entre raison analytique et prophétie islamique. Il condense en lui la philosophie aristotélicienne transmise par les centres culturels d’alors, de Bagdad à Séville, en passant par Fès, Tunis, Alexandrie, Grenade et Cordoue. Mais il est en même temps un grand cadi respectueux du Coran et d’un islam de tendance sunnite malékite, voire soufi. Balloté entre les Cités impériales mérinides, les tribus et les princes (dont Tamerlan, rencontré à Damas), cet ambassadeur de cour nous livre une description fascinante des formes et des pratiques de pouvoir dans le monde arabo-musulman de l’époque, en relation avec les civilisations environnantes. Les malheurs de sa vie personnelle, mais aussi un regard détaché sur les hommes et les sociétés, empreint d’une-recherche de l’harmonie et de la mesure, rende attachant cet écrivain qui interroge autant le monde arabe sur ses racines pré-islamiques et sur ses fondements musulmans, que le monde euroméditerranéen qui le précède sur cette autre rive de la  » Mer intérieure  » à l’origine notre culture.

Revivification de la spiritualité musulmane – Aḥmad Ibn ʻAbd al-Raḥmān Ibn Qudāma al-Maqdisī

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L’Imam Abû Hâmid al-Ghazâlî surnommé « la Preuve de l’islam », compose son célèbre Ihyâ’ ‘Ulûm al-Dîn (Revivification des sciences religieuses) [près de deux mille pages], qui devient une référence pour les Musulmans. Ce livre a marqué son époque et reste d’actualité jusqu’à nos jours. Il comporte quatre parties et chacune est subdivisée en dix livres. La première traite des actes d’adorations et leurs secrets, la deuxième des règles de vie, de coutume et des normes du comportement religieux, la troisième traite des actes périlleux qui mènent à la perdition et la quatrième des actes salutaires. Ibn al-Jawzî reprend cette somme d’enseignements et en sort un livre concis, qu’il nomma le Minhâj. Il dit dans son introduction : « J’ai constaté, ô aspirant sincère et novice déterminé et résolu, que tu t’es décidé à abandonner les vaines préoccupations du bas-monde et que tu as pris la résolution de te consacrer à la vie future parce que tu as su que la fréquentation des créatures mène à l’insouciance, que l’abandon de l’examen de conscience est à l’origine de la négligence, et que les étapes du souffle de vie conduisent rapidement à la station de la mort. Tu as regardé lequel des livres intimes tu peux emmener dans ta solitude et le faire parler dans les moments de silence et voilà que tu préfères l’Ihyâ’ de l’imam al-Ghazâlî et tu trouves qu’il est unique en son genre, précieux en lui-même… Je vais, alors, composer pour toi un livre qui relate l’essentiel de l’Ihyâ’. Je m’appuie, à cet effet, sur les traditions les plus authentiques et les plus notoires… ». Par la suite, Ibn Qudâma al-Maqdisî réécrit le Minhâj, pour le rendre encore plus accessible, et c’est ce travail-là que nous avons traduit et que nous mettons entre vos mains. Si al-Ghazâlî a tenté, par son oeuvre, une revivification des sciences religieu-ses musulmanes en général, Ibn al-Jawzî et Ibn Qudâma, quant à eux, en puisant dans cette oeuvre, ils ont tenté une revivification de la spiritualité musulmane en particulier.

Râbi’a de feu et de larmes – trad et introduction de Salah Stétié

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Râbi’a al-Adawiyya (713-801) est la première grande figure du soufisme, et il n’est pas indifférent qu’elle soit une femme. Elle est l’objet d’une vénération encore vive de nos jours, aussi bien au sein des milieux populaires que des cercles soufis. Ses paroles et ses poèmes, recueillis et transmis au fil des siècles par une chaîne ininterrompue de spirituels, conservent toute leur actualité. Son rayonnement et sa personnalité de feu lui permirent toutes les audaces. On raconte notamment qu’elle se promenait avec un seau d’eau et une torche : le premier, disait-elle, était destiné à éteindre le feu de l’Enfer, et le second à porter le feu au Paradis – ceci pour faire valoir une spiritualité totalement désintéressée, qui ne procède pas d’un marchandage moral avec Dieu. Après une biographie et une introduction lumineuse, Salah Stétié nous offre une magnifique traduction des poèmes et des propos qu’il nous reste de la sainte, accompagnées des calligraphies du grand artiste Ghani Alani.

Martin Lings – Le Prophète Muhammad: sa vie, d’après les sources les plus anciennes

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Pour connaître la vie de Muhammad, l’historien dispose de sources anciennes : c’est d’abord le Sirât Rasûl Allâh, où Ibn Ishâq a réuni les traditions biographiques orales et dont il nous reste une version du Ix e siècle. De la même époque nous sont parvenues la chronique des Campagnes du Prophète par Wâqidi, et la collection des Hadith par Bukhârî. Ces sources, et quelques autres, Martin Lings les connaît parfaitement et il y puise, pour nous donner cette Vie du Prophète, avec un beau talent de conteur. La profusion de détails souvent inédits fait de cette biographie un monument d’érudition accessible au plus grand nombre.

Sulamî – les ruses de l’âme

 

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Les ruses de l’âme. Sulamî – Muhâsibî Les catégories d’âmes Sache que l’âme est de trois sortes : une âme instigatrice du mal (ammâra), une âme qui ne cesse de faire des reproches (lawwâma) et une âme apaisée (Mutma’inna). S’agissant de l’âme apaisée, c’est celle qui a eu la certitude que Dieu est son Seigneur, qui est rassurée par la Promesse de Dieu, qui a cru à la Parole de Dieu et qui a enduré Son commandement. Il s’agit de l’âme croyante à qui Dieu – qu’Il soit exalté – illumine la face et lui remet son livret dans sa main droite. Ainsi elle se montre apaisée et contente du Décret de Dieu et de Son Arrêt dans le bien et le mal, dans ce qui est bénéfique et ce qui est dommageable. C’est l’âme au sujet de laquelle Dieu – qu’Il soit exalté – a dit : « Retourne vers ton Seigneur satisfaite et agréée. » (Coran) c’est-à-dire satisfaite de Dieu et agréée par Lui en raison de son œuvre bonne et de sa reconnaissance de la promesse de Dieu – qu’Il soit exalté -. S’agissant de l’âme qui ne cesse de se blâmer, c’est celle qui se fait des reproches à propos du bien et du mal et qui manque de patience dans les moments de joie et de peine. Elle regrette souvent ce qui s’est passé et se fait des reproches en se disant : Si seulement je l’avais fait ou si seulement je ne l’avais pas fait. Il s’agit de l’âme perverse et pernicieuse. Car il n’y a pas une seule âme, qu’elle soit bonne ou perverse, qui ne se fasse pas des reproches. Si elle fait du bien elle se dit : si seulement j’avais fait encore davantage, et si elle fait du mal elle se dit : si seulement je ne l’avais pas fait. Donc c’est l’âme qui se fera des reproches dans la vie future pour ce qu’elle avait négligé dans le bas monde. Et c’est l’âme par laquelle Dieu – qu’Il soit exalté – a juré en disant : « Je jure par l’âme qui ne cesse de blâmer » (Coran : 75/2). Pour ce qui est de l’âme instigatrice du mal, c’est celle que Dieu – qu’Il soit exalté – a évoqué dans le récit relatif à Yûssuf (Joseph) – que la paix soit sur lui – en disant par sa bouche : « L’âme est instigatrice du mal » (Coran : 12/53). Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié – a dit également : « Tandis qu’il blâmait son âme contre la passion » (Coran : 51/40). Dieu – qu’Il soit glorifié et exalté – a dit aussi : « N’as-tu pas vu celui qui prend sa passion pour une divinité ? » (Coran : 45 / 23), et ainsi de suite parmi les versets qui vont dans le même sens. Tout ceci prouve la nocivité de l’âme et son désir insignifiant de faire le bien. Ibn Abî ‘Amrû nous a rapporté d’après Abdul Jabbâr ibn Sîrîn, d’après Ahmad ibn al-Hussein ibn Abban, d’après Abû ‘Âsim, d’après Sh‘ba et Sufyân, d’après Kuhayl, d’après Abû Salam, d’après Abû Hurayra que le Prophète – que Dieu lui accorde la grâce et la paix – a dit : « Les épreuves, la passion et le désir sont pétris dans la constitution originelle du fils d’Adam – que la paix soit sur lui ». Dieu – qu’Il soit exalté – a dit également : « Combattez pour Dieu comme Il mérite que l’on combatte pour Lui ». (Coran : 22/ 78) c’est-à-dire combattez l’âme et empêchez-la de succomber aux passions. 9/56

Lassaâd Metoui – Les 99 noms de Dieu

 

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D’après la théologie musulmane, il y a quatre mille noms de Dieu. Mille de ces noms, Dieu seul les connaît ; mille sont connus de Dieu et des anges ; mille de Dieu, des anges et des prophètes ; mille de Dieu, des anges, des prophètes et des croyants.

Parmi ces derniers, trois cents sont mentionnés dans la Thora, trois cents dans les Psaumes, trois cents dans les Évangiles et cent dans le Coran. De ces cent noms, quatre-vingt-dix-neuf sont connus par les fidèles ordinaires, le centième est caché,

secret, accessible seulement aux mystiques les plus éclairés. L’idée de base ici est que si Dieu est fondamentalement inconnaissable en Son mystère, on peut cependant connaître quelques modalités de Son être et de Son agir.

Comme le dit le prophète Mahomet : « Il y a quatre-vingt-dix-neuf noms qui n’appartiennent qu’à Dieu. Celui qui les apprend, qui les comprend et les énumère, entre au Paradis et parvient au salut éternel. »

Comprendre l’ « essence » de ces noms apaise l’âme, donne confiance et enrichit l’esprit. Ces noms sont un soutien pour l’être humain ; ils lui indiquent la voie à suivre pour s’améliorer et pour s’approcher du divin. C’est pour cela que, sur le plan pratique, les croyants ont coutume de les répéter en égrenant un chapelet (subha) de quatre-vingt-dix-neuf grains.

Et c’est pour cela que, sur le plan mystique et artistique, les noms de Dieu n’ont jamais cessé d’être interrogés et célébrés.

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