Esquisse d’une théorie de la pratique : Précédé de Trois études d’ethnologie kabyle – Pierre Bourdieu

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Donner à (re)lire à presque trente ans de distance L’Esquisse d’une théorie de la pratique n’a pas pour but essentiel de rendre disponibles des textes devenus introuvables d’un auteur connu. Plus profondément, il s’agit de pénétrer avec un regard neuf dans la forge de l’ethnologue et du sociologue, dans cet atelier, inscrit à jamais dans l’histoire de la décolonisation algérienne, où se sont élaborés les concepts majeurs d’une théorie du monde social qui tente toujours aujourd’hui de briser les fausses alternatives qui empêchent les sciences de l’homme de remplir leur tâche de connaissance et d’émancipation.

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Autogestion ouvrière et pouvoir politique en Algérie (1962-1965) – Monique Laks

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tiré du site des editions de l’Assymétrie

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Publié en 1970, le livre de Monique Laks constitue à notre humble avis la meilleure analyse disponible sur le phénomène autogestionnaire algérien. Originaire de Tunisie, cette militante trotskyste proche de la tendance majoritaire de la IV ème internationale ( c’est à dire de Pierre Frank et de Ernest Mandel et donc opposée à Michel Raptis/Pablo) a pu mener une enquête de fond sur le secteur industriel autogéré tout en gardant une distance critique vis à vis du pouvoir et de son discours. Elle sera d’ailleurs obligée de fuir le pays après le coup d’État de juin 1965. Le livre étant disponible en intégralité sur ce site, nous nous contentons de donner ici quelques citations significatives pour inciter à la lecture…

« Legs colonial » et autogestion : « Ce type de colonie de peuplement interdisant à la fois tout accès des colonisés aux postes de conception et -au delà- toute organisation légale autonome, le remplacement ex abrupto des uns par les autres, était impossible. C’est ce qui contribue à expliquer la différence, non pas d’ampleur mais de nature, des problèmes rencontrés lors de l’indépendance de la Tunisie, par exemple, où le type de protectorat avait permis la construction du parti nationaliste Destour, et la formation de cadres, en nombre insuffisant certes, mais de cadres prêts à prendre part à la relève la plus urgente. »
« Sous l’impulsion des forces libérées par la révolution nationaliste, a pu éclore l’autogestion ouvrière. On se souvient aussi que ce fut beaucoup moins dans le mouvement de libération lui-même que dans la dialectique de son évolution, notamment par la dialectique du fait colonial qu’a essentiellement pu s’inscrire cette gestion ouvrière de l’unité de production. »

Essor de la petite-bourgeoisie et bureaucratisation : « L’aspiration de la petite-bourgeoisie d’un pays sous-développé sublimant son incapacité à trouver place au sein du capitalisme n’est-elle pas justement d’installer une gestion étatique pour vivre d’elle ? De substituer au capitalisme privé, le capitalisme d’État ? »
« C’est dans ses rapports avec les couches prolétariennes que la petite-bourgeoisie va le mieux se révéler et du même coup engager son avenir. Pour dominer sans conflit, c’est à dire profiter sans danger du produit du travail des masses, elle va opérer sur trois fronts – politique, économique, démagogique- cristallisant le tout dans ses rapports avec l’autogestion.(…) Les manoeuvres de l’Office National de Redressement Agricole, parvenant à détourner le produit des fermes autogérées pour les convertir en biens de consommation de luxe (…) suffiront à caractériser le mécanisme et les résultats de cette gestion bureaucratique. »

Un moindre mal temporaire ? L’autogestion et le Pouvoir : « Les comités de gestion représentent, à tout prendre, une solution au problème imprévu de la vacance. Les petites unités industrielles, voire semi artisanales, souvent vides, qui ne tentent que d’exceptionnels intérêts privés, d’une part, des domaines abandonnés où la récolte attend, d’autre part, sont réunis en exploitation sans qu’il n’en coûte rien à l’État. Non seulement les ouvriers n’y sont pas payés, mais ils collectent entre eux les premiers fonds d’urgence et assument les réparations essentielles. Dés lors mieux vaut renverser la situation et faire d’une structure intruse un instrument démagogique du pouvoir, lequel fait d’une pierre deux coups. (…) Pour l’instant, l’autogestion permet donc au pouvoir de résoudre trois problèmes : disposer d’une base contre ses adversaires, masquer son immobilisme en donnant le change sur ses options socialistes, se ménager enfin, la source financière au développement bureaucratique de son appareil.
A condition de circonscrire le secteur autogéré à ses dimensions premières, le secteur industriel surtout, de le priver de tout pouvoir réel en ne lui donnant qu’un pouvoir économique local, de le maintenir dans son isolement en maintenant la classe ouvrière elle même désorganisée et en empêchant les conseils communaux de devenir réalité, de laisser, enfin, l’autogestion affronter sans moyens les secteurs privé et étatique, les risques sont réduits pour le pouvoir de se voir débordé par le développement de cet embryon de pouvoir ouvrier. »
« Une impression d’action concertée a pu se dégager de ce qui a été dit des rapports entre la coalition au pouvoir et les ouvriers en autogestion. Il ne s’agit pourtant que de la résultante de réponses données empiriquement et dans l’instant aux diverses situations contradictoires et non d’une conscience interne d’intérêts propres rendant la petite bourgeoisie capable de se tracer une ligne de conduite cohérente – tout au moins jusqu’en juin 1965. »
« Utile en tant que générateur de plus-value pour la bureaucratie en même temps qu’alibi politique, le secteur autogéré n’est totalisé qu’à cette condition. »

L’autogestion piégée dans l’économie : « On a pu constater les limites de la solidarité interne aux entreprises autogérées par la conception concurrentielle qu’elles avaient les unes des autres, par certaines réactions au projet de consolidation d’entreprises. »
« Une première implication des relations dialectiques nouées entre le collectif ouvrier et l’entreprise apparaît. L’amélioration des conditions d’existence du collectif passe par le développement de la seule entreprise que ce collectif autogère. Si il peut assurer ce développement, la non péréquation du profit et des pertes au plan de l’ensemble des producteurs, non péréquation que suppose l’autonomie des autogestionnaires condamne a être sanctionné, seul, par les lois de la concurrence. (…) Il faut par conséquence bien se rendre à l’évidence qu’il n’est pas d’autre ciment social que le marché, qu’une série de marchés. »
« La seule péréquation, la seule solidarité existante est celle qui unit le collectif ouvrier à son entreprise (…) Le profit pour cette seule collectivité devient la finalité de l’effort. La concurrence en demeure le moyen. »

Autogestion et transcroissance : « C’est au moment où le collectif en autogestion, ou plus exactement son avant-garde, prend conscience de la nécessité de chercher hors de l’entreprise les solutions aux problèmes vitaux de l’entreprise, au moment donc, où la volonté de conservation, les mobiles égocentriques, engendrent les forces centrifuges, qu’il met en cause le pouvoir central dans ses lignes de force politiques, qu’il revendique, pour mieux vivre des structures collectivistes, un État nouveau. »
« Il en ressort que si l’autogestion est un facteur de révélation et de radicalisation des rapports sociaux, elle ne paraît pas capable de développer cette radicalisation jusqu’au renversement des rapports de force existants, à moins de se nier en tant qu’autogestion. » »

La matrice de la race – Elsa Dorlin

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La race a une histoire, qui renvoie à l’histoire de la différence sexuelle. Au XVIIe siècle, les discours médicaux affligent le corps des femmes de mille maux : « suffocation de la matrice » « hystérie », « fureur utérine », etc. La conception du corps des femmes comme un corps malade justifie efficacement l’inégalité des sexes. Le sain et le malsain fonctionnent comme des catégories de pouvoir. Aux Amériques, les premiers naturalistes prennent alors modèle sur la différence sexuelle pour élaborer le concept de « race » : les Indiens Caraïbes ou les esclaves déportés seraient des populations au tempérament pathogène, efféminé et faible.
Ce sont ces articulations entre le genre, la sexualité et la race, et son rôle central dans la formation de la Nation française moderne qu’analyse Elsa Dorlin, au croisement de la philosophie politique, de l’histoire de la médecine et des études sur le genre. L’auteure montre comment on est passé de la définition d’un « tempérament de sexe » à celle d’un « tempérament de race ». La Nation prend littéralement corps dans le modèle féminin de la « mère », blanche, saine et maternelle, opposée aux figures d’une féminité « dégénérée » ? la sorcière, la vaporeuse, la vivandière hommasse, la nymphomane, la tribade et l’esclave africaine. Il apparaît ainsi que le sexe et la race participent d’une même matrice au moment où la Nation française s’engage dans l’esclavage et la colonisation.

Nina Simone: Love me or leave me – Mathilde Hirsch and Florence Noiville

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Caroline du Nord, 1936. À 3 ans, Eunice Waymon, petite fille noire infiniment douée, donne son premier concert dans une église. Elle a su jouer du piano avant même de marcher. À 10 ans, elle lutte déjà contre la ségrégation : lors d’un récital, elle refuse de jouer si ses parents ne sont pas assis au premier rang, comme les Blancs. À 18 ans, elle veut devenir la plus grande concertiste classique noire, mais – à cause de la couleur de sa peau ? – son rêve se brise. Alors elle se rebaptise Nina Simone et, des bars crasseux jusqu’au Carnegie Hall, elle va connaître la gloire. De sa voix puissante, chaude et mystique, elle invente un langage unique, entre jazz, classique, soul et gospel. Amie de James Baldwin, elle chante pour défendre les droits des Noirs aux côtés de Martin Luther King. Mais la vie est violente avec cette écorchée vive : déboires sentimentaux, cupidité de l’industrie du disque, mort de ses frères de combat, difficulté à être une bonne mère… Nina flambe son argent et sombre dans les troubles psychiques. Des États-Unis jusqu’au Sud de la France, en passant par Londres, l’Afrique et les Pays-Bas, les auteures, mère et fille à la vie, sont parties sur ses traces. Elles nous offrent le portrait inédit d’une artiste magistrale en quête d’absolu et de liberté.

Histoire des pirates et des corsaires. De l’Antiquité à nos jours. – Gilbert Buti, Philippe Hrodej

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Pour nos contemporains, l’évocation des pirates et des corsaires se résume aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction.

L’Histoire des pirates et des corsaires propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée jalonné de figures emblématiques comme celles de Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse,

Koxinga. Elle invite à un voyage dans le temps, des pirates de la Méditerranée antique et des raids maritimes vikings au Moyen Âge à la piraterie pratiquée de nos jours en Asie du Sud-Est. Mais aussi à un voyage dans l’espace, de l’Europe aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l’océan Indien. Un intérêt est également accordé à l’ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l’élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques. La première histoire exhaustive des pirates et des corsaires à l’échelle mondiale.

Les traites négrières – Pétré-Grenouilleau Olivier

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Monstrueuse, la matière de ce livre l’est, pour deux raisons. Le sujet, d’abord : le trafic d’hommes noirs, «infâme trafic» jusque dans les justifications qu’on a voulu lui trouver. Monstrueuse aussi, son étendue dans l’espace, de l’Afrique à la Méditerranée orientale puis de l’Afrique aux Amériques ; et dans le temps, puisque cette histoire est longue de près de quatorze siècles.
Il fallait à Olivier Pétré-Grenouilleau, pour maîtriser dans sa totalité l’étude de ce trafic et l’ériger en objet historique, une approche globale, qui mettrait en relation l’histoire de l’esclavage avec d’autres domaines de la recherche historique – histoire des idées, des comportements, de l’industrialisation… Cette méthode comparative, alliée à une vision à la fois panoramique et plongeante, permettrait de découvrir comment des logiques différentes, propres à l’Afrique noire, au monde musulman et à l’Occident, ont pu se connecter pour donner naissance aux traites négrières. Comment, une fois pris le pli, enclenché l’engrenage négrier, les traites ont évolué jusqu’à leur terme, résultat d’une dynamique abolitionniste, certes ambiguë, mais radicale.
De l’esclavage antique à la mise en place de nouveaux systèmes d’exploitation de l’homme, ce livre restitue pour la première fois dans son ensemble la complexité d’une histoire débarrassée des clichés et des tabous, riche aussi de révoltes et de combats. Un des phénomènes mondiaux à l’origine du monde moderne.

Histoire du Moyen-Orient. De l’antiquité à nos jours – Georges Corm

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Georges Corm, dont les travaux sur le Proche-Orient contemporain et les rapports entre Europe et Orient sont devenus des références incontournables, propose ici une vision synthétique et vivante de l’histoire du Moyen-Orient depuis la plus haute Antiquité, c’est-à-dire bien avant l’apparition de l’islam. Il rappelle ainsi utilement ce qu’il appelle la « géologie des cultures », ces différentes couches anthropologiques sur lesquelles l’Islam a bâti une des grandes civilisations de l’histoire de l’humanité. Le Moyen-Orient apparaît ainsi dans la diversité de ses patrimoines culturels, avec les ruptures et continuités entre les empires et les civilisations qui ont marqué son histoire.
Pour mieux dépeindre la complexité de cette région du monde ouverte sur trois continents, l’auteur présente les « socles géographiques » sur lesquels se sont bâtis ces empires : le socle anatolien, le socle iranien et mésopotamien, le socle égyptien. Grâce à cette approche, il devient enfin possible de sortir des amalgames entre des peuples de langues différentes, mais en interaction permanente : Iraniens, Turcs et Arabes, aujourd’hui confondus dans la « nébuleuse islamique ». Enfin, les dynamiques malheureuses des rapports entre l’Occident et le Moyen-Orient, ainsi que la décadence de cette région depuis deux siècles, sont explicitées de façon claire et objective, prenant en compte les facteurs sociaux et économiques si souvent négligés dans la littérature sur l’islam et le monde musulman.

Avicenne et l’âme humaine – Meriem Sebti

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La psychologie d’Avicenne établit que l’homme est constitué de deux substances hétérogènes : l’âme, substance simple et spirituelle et le corps, substance matérielle et corruptible. L’âme est un principe séparé qui confère l’actualité au corps à titre de perfection, mais elle n’est instaurée dans l’existence que lorsqu’un corps est disposé à la recevoir. Elle tire de cet attachement un bénéfice en réalisant son accomplissement propre en partie grâce aux données sensorielles transmises par le corps.

Cette doctrine tout en affirmant l’indépendance de l’âme confère au corps un rôle important dans la construction de l’individualité de la personne et dans l’acquisition de la science. Cette double exigence génère de nombreuses tensions : le problème de l’unité de la personne et de son individualité, la question de l’accès d’une substance immatérielle au sensible, l’impossibilité pour l’âme d’un retour complet sur soi.

Cet ouvrage analyse les efforts conceptuels élaborés pour résoudre ces difficultés et tente de saisir la signification de l’exigence philosophique d’Avicenne pour lequel l’effort intellectuel est non seulement une thérapie de l’âme, mais la voie même du salut individuel.

 

Je fantasme Averroès et l’espace potentiel – Jean-Baptiste Brenet

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Le mot le plus célèbre de la philosophie est un verbe latin : cogito. C’est celui de Descartes, où l’on retient que se joue l’être même de l’ego. C’est le cogito de la psychanalyse, celui dont elle dénonce l’orgueil, l’incomplétude, et qui, en somme, l’a fait naître. Mais c’est un mot malheureux, que la modernité a perdu. Chez Averroès, jadis, la cogitation avait en arabe ses facultés propres et trouvait dans le fantasme l’espace de sa puissance. Quel espace ? Quelle puissance éminente ? On a fait le livre sur cela.

Homo Domesticus – James C. Scott

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Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine.
Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d’aménagement du territoire, de l’« autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».

La préface de cet ouvrage est rédigée par Jean-Paul Demoule, spécialiste du Néolithique et de l’âge du Fer, professeur émérite de protohistoire européenne à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels Mais où sont passés les Indo-Européens ? Aux origines du mythe de l’Occident et, avec Dominique Garcia et Alain Schnapp (dir.), Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances.

Retour a l’ouest – Serge, Victor

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Rédacteur de L′Anarchie après la mort de Libertad et condamné passé cinq ans de prison pour son refus de collaborer avec la police dans la célèbre affaire des bandits tragiques de la bande à Bonnot, Victor Lvovitch Napoléon Kibaltchitch, dit Victor Serge (1890-1947) se rallie aux bolcheviks dès son arrivée en Russie en 1919, travaillant notamment pour les services de presse de l′Internationale communiste en URSS puis en Allemagne. Partisan de l′Opposition de gauche réunie autour de Trotski, il fut exclu du Parti communiste russe au début de 1928 et victime durant huit années des persécutions du régime stalinien. Il bénéficia cependant de la solidarité de quelques écrivains et des milieux révolutionnaires antistaliniens qui entreprirent en sa faveur une longue campagne de solidarité internationale. Finalement libéré d′URSS, Victor Serge arrive Г Bruxelles avec sa femme et ses deux enfants le 12 avril 1936 et s′installe chez l′anarcho-syndicaliste belge d′origine russe Nicolas Lazarévitch.
Alors qu′en France la totalité de la presse du Front populaire le boycotte, le quotidien socialiste et syndical de Liège, La Wallonie, lui offre une chronique hebdomadaire qu′il publie de juin 1936 Г mai 1940, de l′euphorie du Front populaire Г la débâcle de la France face Г l′Allemagne nazie. Il y aborde les événements de l′heure, et tout particulièrement ceux d′Espagne et d′Union soviétique, ainsi que les épisodes qui mèneront Г la Seconde Guerre mondiale. Il livre aussi, au jour le jour, son témoignage sur les militants qu′il a connus, victimes des répressions totalitaires ; évoque les grandes dates du mouvement révolutionnaire en essayant d′en tirer la leçon pour les lecteurs de son temps ; se fait Г l′occasion critique littéraire exigeant et lucide, en particulier sur les errements antisémites de Louis-Ferdinand Céline ou les complaisances pour l′URSS d′André Malraux

Genèse de l’Algérie algérienne – Charles-Robert Ageron

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sommaire:

DE L’ALGERIE  » FRANCAISE  » A L’ALGERIE ALGERIENNE
Administration directe ou protectorat : un conflit de méthodes sur l’organisation de la province de Constantine (1837-1838)
Gambetta et la reprise de l’expansion coloniale
La politique kabyle sous le Second Empire
L’évolution politique de l’Algérie sous le Second Empire
Peut-on parler d’une politique des  » royaumes arabes  » de Napoléon III
Le parti colonial
Jules Ferry et la question algérienne en 1892
(d’après quelques inédits)
Jules Ferry et la colonisation
Jaurès et les socialistes français devant la question algérienne (de 1895 à 1914)
Une politique algérienne libérale sous le Troisième République (11912-1919).Clémenceau et la question coloniale
La France a-t-elle eu une politique kabyle ?
Les communistes français devant la question algérienne (de 1921 à 1924)
Un rapport inédit de Louis Massignon à la Commission du Centenaire de l’Algérie
Fiscalité française et contribuables musulmans dans le Constantinois (1920-1935)
L’exposition coloniale de 1931 -Mythe républicain ou mythe impérial
Sur l’année politique algérienne 1936
Les Juifs d’Algérie -De l’abrogation du décret Crémieux à son rétablissement (7 octobre 1940-20 octobre 1943)
De Gaulle et le Maghreb en 1945
Le gouvernement Pierre Mendès France et l’insurrection algérienne
Edmond Michelet et la guerre d’Algérie
L’opinion française devant la guerre d’Algérie
Les Français devant la guerre civile algérienne
La Guerre d’Algérie et les Français : Conclusion
L’OAS -Algérie -Sahara
De Gaulle et l’Algérie
L’opération de Suez et la guerre d’Algérie
Une dimension de la guerre d’Algérie : les  » regroupements de populations
 » L’Algérie dernière chance de la puissance française  » -Etude d’un mythe politique (1954-1962)
GENESE DE L’ALGERIE ALGERIENNE
Premi7res négociations franco-algériennes
Un mythe politique français : Abd El-Kader, souverain d’un  » royaume arabe  » d’Orient
L’Algérie algérienne sous Napoléon III
L’émigration des Musulmans algériens et l’exode de Tlemcen (1830-1911)
Les troubles insurrectionnels du Sud-Constantinois novembre 1916-novembre 1917
Le mouvement Jeune-Algérien de 1900 à 1923
L’émir Khaled, petit fils d’Abd el-Kader, fut-il le premier nationaliste algérien ?
La pétition de l’Emir Khaled au PR2SIDENT Wilson (mai 1919)
Le premier vote de l’Algérie musulmane : les élections du Collège musulman algérien en 1919-1920
L’Association des Etudiants Musulmans Nord-Africains en France durant l’entre-deux-guerres -Contribution à l’étude des nationalistes maghrébins
Une émeute antijuive à Constantine (août 1934)
Les mouvements nationalistes dans le Maghreb pendant la Seconde Guerre mondial
Ferhat Abbas et l’évolution politique de l’Algérie musulmane pendant la Seconde Guerre mondiale
Les populations du Maghreb face à la propagande allemande
Regards sur la presse politique musulmane dans l’Algérie « française  »
Communisme et nationalisme
Les classes moyennes dans l’Algérie coloniale : origines, formation et évaluation quantitative
Emigration et politique : L’Etoile Nord-Africaine et le Parti du Peuple Algérien
L’immigration maghrébine en France -Un survol historique
Le Parti Communiste Algérien de 1939à1943
Ferhat Abbas
Un manuscrit inédit de Ferhat Abbas : Mon testament politique
Les troubles du Nord-Constantinois en mai 1945 : une tentative insurrectionnelle ?
Vers un syndicalisme national en Algérie (1946-1956)
Aux origines de la Toussaint 1954
Les guerres d’Indochine et d’Algérie au miroir de la  » guerre révolutionnaire  »
L’insurrection du 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois -De la résistance armée à la guerre du peuple
La  » guerre psychologique  » de l’Armée de libération nationale algérienne
Un aspect de la guerre d’Algérie : la propagande radiophonique du FLN ET LES Etats Arabes
Une troisième force combattante pendant la guerre d’Algérie : l’armée nationale du peuple algérien et son chef le  » général Bellounis  »
Les supplétifs algériens dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie
Complots et purges dans l’Armée de libération algérienne
Un versant de la guerre d’Algérie : la bataille des frontières (1956-1962)
Les pertes humaines de la guerre d’Algérie
Le drame des harkis en 1962
Les Accords d’Evian

La pensée arabe – Mohammed Arkoun

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Présenter l’histoire de la pensée d’expression arabe depuis l’émergence du fait coranique (610-632) jusqu’à nos jours, tel est l’objet de cet ouvrage. Ce long parcours est marqué par une riche créativité (632-1300) puis des régressions, des renoncements, des appauvrissements (1300-1800), une éphémère renaissance (1800-1940), une hypertrophie du discours idéologique nationaliste (1950-1980), puis islamiste fondamentaliste (1980-2003). Alors que l’on oppose de plus en plus fréquemment l’  » Occident  » à l’  » Islam « , cet ouvrage situe, par l’approche historicocritique, la place de la pensée arabe dans l’histoire générale de la pensée et des cultures dans un espace méditerranéen remembré, par-delà toutes les grandes ruptures historiques entre les rives du nord et du sud de la Méditerranée.

Berber Government: The Kabyle Polity in Pre-Colonial Algeria – Hugh Roberts

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The Berber identity movement in North Africa was pioneered by the Kabyles of Algeria. But a preoccupation with identity and language has obscured the fact that Kabyle dissidence has been rooted in democratic aspirations inspired by the political traditions of Kabylia itself, a Berber-speaking region in the north of Algeria. The political organisation of pre-colonial Kabylia, from which these traditions originate, was well described by nineteenth-century French authors. But their inability to explain it encouraged later theorists of Berber society, such as Ernest Gellner and Pierre Bourdieu, to dismiss Kabylia’s political institutions, notably the jema’a (assembly or council), and to reduce Berber politics to a function of social structure and shared religion. In Berber Government, Hugh Roberts, a renowned expert on North Africa, explores the remarkable logics of Kabyle political organisation and the unusual degree of autonomy it possessed in relation to both kinship divisions and the religious field. This book further offers a pioneering account of the social and political history of Kabylia during the Ottoman period and establishes a radically new way to understand the complex place of the Kabyles in Algerian politics.

De «l’Algérie française» à l’Algérie algérienne – Charles-Robert AGERON

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Cette publication rassemble en deux forts volumes un choix d’études – choix effectué par l’auteur – d’histoire de l’Algérie, depuis l’époque coloniale jusqu’aux accords d’Evian.

Certaines de ces études sont très peu connues, d’autres difficilement accessibles, l’ensemble méritait une publication restituant la cohérence et la rigueur d’un travail de recherche unique par son ampleur et par les champs d’études couverts.

“Un hommage rendu à un historien
dont l’œuvre considérable
mérite une plus grande diffusion
des deux côtés de la Méditerranée”

Corsaires et Marchands: Les relations entre Alger et les Pays-Bas 1604 – 1830 – Gérard Van Krieken

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Corsaires et marchands Les relations entre Alger et les Pays-Bas 1604-1830. Histoire des relations conflictuelles entre les Pays-Bas et la Régence d’Alger de 1604 à 1830, à partir des documents d’archives.

Pendant plus de deux siècles. Algériens et Néerlandais s’affrontèrent en Méditerranée occidentale. Tout au long de deux siècles, et malgré de courtes périodes de paix, le conflit fut quasi permanent entre une puissance maritime qui s’acharnait à tenter de tirer tous les profits de la course, et une puissance commerciale qui cherchait à s’imposer en Méditerranée, derrière l’Angleterre et la France.

Gérard Van Krieken, à partir de sources d’archives, tente de retracer dans cette étude l’histoire tumultueuse des relations difficiles entre les deux pays, marquée à la fois par des périodes de négociations très tendues, au gré des alliances et des guerres européennes, et également par des épisodes peu connus de collaboration entre corsaires néerlandais et corsaires algériens.

EXISTE-T-IL UN FÉMINISME MUSULMAN ? (ouvrage collectif)

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Avec les contributions de Margot Badran, Sylvia Barack Fishman, Mathilde Dubesset, Françoise Gange, Nouza Guessous Idrissi, Malika Hamidi, Norhayati Kaprawi, Valentine Moghadam, Amina Wadud

Le statut des femmes dans le monde musulman a fait l’objet de multiples études et controverses. Ce livre veut rendre compte de l’émergence de courants de pensée qui, tout en se battant pour l’égalité entre les sexes, se revendiquent aussi de l’islam. « Le féminisme musulman » a des ramifications internationales. Il se mobilise contre le patriarcat et toutes les inégalités de genre, à partir de références musulmanes, mais aussi comme partie du mouvement mondial pour le droit des femmes.

Le choc colonial et l’islam Les politiques religieuses des puissances coloniales en terre d’islam – Pierre-Jean LUIZARD

Le choc colonial et l'islam - Pierre-Jean LUIZARD

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« La laïcité est l’arme des nouveaux croisés » proclame aujourd’hui un slogan islamiste. Au-delà de ce jugement abrupt, on doit constater en tout cas que le rapport entre les héritages de la domination coloniale et l’importation de conceptions laïques et/ou sécularisées dans les pays musulmans est aujourd’hui au cœur des problématiques qui fondent les questionnements sur l’islam. Le contexte colonial a en effet manifesté partout les limites d’universalismes européens qui, pour la plupart, puisaient aux sources des Lumières. À l’épreuve de la colonisation, les idéaux émancipateurs sont souvent devenus la légitimation d’entreprises de domination, quand ils n’ont pas été purement et simplement retournés. La non-application de la loi de 1905 aux musulmans de l’Algérie française, le confessionnalisme politique au Liban, le projet sioniste en Palestine, la « question irakienne », la création du Pakistan sont autant d’exemples qui interrogent ces universalismes. Ce sont ces situations — et bien d’autres — que revisitent les auteurs de ce très riche ouvrage collectif. En choisissant de confronter les politiques religieuses des puissances coloniales avec la façon dont elles ont été perçues par les musulmans, ils fournissent les clefs pour comprendre les retours actuels. Une large place est réservée à l’expérience française, mais la problématique est élargie aux autres puissances coloniales européennes : Royaume-Uni et Russie.

Guelma, 1945 – Jean-Pierre PEYROULOU Guelma, 1945 Une subversion française dans l’Algérie coloniale – Jean-Pierre PEYROULOU

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Les massacres de Sétif et de Guelma du 8 mai 1945 occupent une place croissante dans les mémoires : Français et Algériens s’en renvoient la responsabilité et discutent leur ampleur. Ce livre déplace la question de Sétif vers Guelma. Il resitue le massacre dans le temps long de la colonisation et dans une Algérie à la croisée des chemins depuis le débarquement de 1942, l’installation de de Gaulle à Alger, et l’affirmation d’une nation algérienne.
Le nationalisme avait acquis une exceptionnelle intensité dans le Constantinois, peuplé d’une très forte majorité d’Algériens, où les Français se sentaient submergés. Le 8 mai 1945, jour des célébrations de la victoire alliée, la poussée du mouvement national algérien se heurta à une réaction européenne d’une rare violence : dans les semaines suivantes, des civils européens desserrèrent l’étau algérien en « purgeant » la région de Guelma de ses nationalistes ? assassinant des centaines d’entre eux ?, et s’opposèrent à la politique de réformes. Un mouvement non seulement répressif, mais subversif, organisé, qui bénéficia de la participation des pouvoirs publics et des élus.
Retraçant très précisément le déroulement de ce drame, cet ouvrage en propose également une réinterprétation. Jean-Pierre Peyroulou décèle en effet dans l’action des Européens des logiques subversives préfigurant celle de l’OAS en 1961-1962. Il examine le fonctionnement d’un État et d’une société coloniale qui élaborèrent une raison d’État rampante pour recouvrir la réalité et la nature des violences, et les chemins tortueux qu’elle emprunta entre Guelma, Constantine, Alger et Paris…

Mater la meute : La militarisation de la gestion policière des manifestations suivi de Le marché global de la violence – Lesley Wood, Mathieu Rigouste, Eric Dupont

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La restructuration néolibérale des institutions économiques et politiques entraîne une militarisation progressive des forces policières et de leurs tactiques de maintien de l’ordre. Surveillance, infiltration, brigades spéciales, armes sublétales, arrestations préventives… en Amérique du Nord comme en Europe, il semble que tous les moyens soient bons pour neutraliser la contestation sociale.

Refusant de céder au schématisme habituel qui fait des forces de l’ordre un simple instrument des élites politiques, la sociologue Lesley J. Wood revient sur l’histoire récente de la police nord-américaine pour mettre au jour les dynamiques complexes qui la traversent. S’appuyant sur des sources directes, ainsi que sur les travaux de Bourdieu, Boltanski, Wacquant, et d’autres, elle étudie l’influence croissante du secteur privé – multinationales et consultants en sécurité -, de l’armée et des grandes associations professionnelles sur les pratiques policières et leur diffusion. Car mieux comprendre les raisons de l’escalade de la violence dans les réponses policières, c’est se donner les moyens, collectivement, de mieux y résister.

La société autophage – Jappe, Anselm

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Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la « critique de la valeur » – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait et l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le « sujet » est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la « pulsion de mort du capitalisme » : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres « gratuits » qui précipite le monde des hommes vers sa chute.
Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable « mutation anthropologique » ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

La fabrique de l’homme endetté : Essai sur la condition néolibérale – Maurizio Lazzarato

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La dette, tant privée que publique, semble aujourd’hui une préoccupation majeure des « responsables » économiques et politiques. Dans La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato montre cependant que, loin d’être une menace pour l’économie capitaliste, elle se situe au cœur même du projet néolibéral. À travers la lecture d’un texte méconnu de Marx, mais aussi à travers la relecture d’écrits de Nietzsche, Deleuze, Guattari ou encore Foucault, l’auteur démontre que la dette, loin de n’être qu’une réalité économique, est avant tout une construction politique, et que la relation créancier/débiteur est le rapport social fondamental de nos sociétés. La dette n’est pas d’abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire de gouvernement et de contrôle des subjectivités individuelles et collectives, visant à réduire l’incertitude du temps et des comportements des gouvernés. Selon la logique « folle » du néolibéralisme – qui prétend substituer le crédit aux salaires et aux droits sociaux, avec les effets désastreux que la crise des subprimes a illustrés de façon dramatique –, nous devenons toujours davantage les débiteurs de l’État, des assurances privées et, plus généralement, des entreprises, et nous sommes incités et contraints, pour honorer nos engagements, à devenir les « entrepreneurs » de nos vies, de notre « capital humain » ; c’est ainsi tout notre horizon matériel, mental et affectif qui se trouve reconfiguré et bouleversé. Comment sortir de cette situation impossible ? Comment échapper à la condition néolibérale de l’homme endetté ? Si l’on suit Maurizio Lazzarato dans ses analyses, selon lesquelles la dette est avant tout un instrument de contrôle politique et l’expression de rapports de pouvoir, force est de reconnaître qu’il n’y pas d’issues simplement techniques, économiques ou financières. Il nous faut remettre en question radicalement le rapport social fondamental qui structure le capitalisme : le système de la dette.

Sisters in the Struggle : African-American Women in the Civil Rights-Black Power Movement – Bettye Collier-Thomas, V.P. Franklin

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Women were at the forefront of the civil rights struggle, but their indvidiual stories were rarely heard. Only recently have historians begun to recognize the central role women played in the battle for racial equality. In Sisters in the Struggle, we hear about the unsung heroes of the civil rights movements such as Ella Baker, who helped found the Student Non-Violent Coordinating Committee, Fannie Lou Hamer, a sharecropper who took on segregation in the Democratic party (and won), and Septima Clark, who created a network of « Citizenship Schools » to teach poor Black men and women to read and write and help them to register to vote. We learn of Black women’s activism in the Black Panther Party where they fought the police, as well as the entrenched male leadership, and the Southern Christian Leadership Conference, where the behind-the-scenes work of women kept the organization afloat when it was under siege. It also includes first-person testimonials from the women who made headlines with their courageous resistance to segregation—Rosa Parks, Charlayne Hunter-Gault, and Dorothy Height. This collection represents the coming of age of African-American women’s history and presents new stories that point the way to future study. Contributors: Bettye Collier-Thomas, Vicki Crawford, Cynthia Griggs Fleming, V. P. Franklin, Charlayne Hunter-Gault, Farah Jasmine Griffin, Duchess Harris, Sharon Harley, Dorothy I. Height, Chana Kai Lee, Tracye Matthews, Genna Rae McNeil, Rosa Parks, Barbara Ransby, Jacqueline A. Rouse, Elaine Moore Smith, and Linda Faye Williams.

La voix du peuple – Une histoire des assemblées au Moyen Age – Michel Hébert

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Bien avant l’émergence de l’idée démocratique, les grandes assemblées de l’Europe médiévale sont le laboratoire de techniques de représentation qui donnent voix au peuple. Ces assemblées territoriales, qu’elles se nomment parlements, états généraux, cortes ou diètes, sont au fondement d’une représentation politique de type parlementaire, constitutive de l’Etat moderne et ancêtre des régimes démocratiques contemporains.
Fondée sur l’exigence d’un consentement du peuple au prélèvement fiscal ou à la réformation du droit, cette représentation institue, dans chaque royaume ou principauté, des instances médiatrices entre des sociétés politiques en pleine émergence et des princes dont la souveraineté n’a encore rien d’absolu. Le présent ouvrage s’intéresse à la fois aux idées des théologiens, des philosophes et des juristes, ainsi qu’aux pratiques cérémonielles de la convocation et de la célébration de ces assemblées, mettant en lumière la façon dont naissent les peuples à travers leur représentation.

Histoire et conscience de classe : Essai de dialectique marxiste – Georg Lukacs

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Cette œuvre célèbre et devenue introuvable du grand philosophe hongrois peut être considérée comme le livre-clé de la pensée marxiste de la première moitié du XXe siècle. Elle parait aujourd’hui pour la première fois en traduction, dans un texte intégral précédé d’une étude philosophique et historique par Kostas Axelos.
Rédigé directement en langue allemande, et tiré à quelques centaines d’exemplaires seulement, Geschichte und Klassenbewusstsein a été publié à Berlin en 1923 et ses théories furent tout de suite violemment combattues par les communistes orthodoxes et par la social-démocratie, alors qu’elles étaient ignorées de la pensée de droite. L’auteur sera amené à désavouer lui-même ce livre qui n’en continuera pas moins d’exercer une grande influence, en dépit de la destruction de la quasi-totalité des exemplaires existants.

 

Le Jeune Hegel. Sur les rapports de la dialectique et de l’économie, tome I – Georg Lukács

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Dès 1923, dans Histoire et Conscience de classe, Georges Lukâcs avait montré que l’hégélianisme travaille le marxisme bien au-delà de ce qu’en laissait pressentir l’orthodoxie déjà constituée, et bien plus que ne l’indiquaient les textes alors disponibles de Marx.
Comment Hegel en est-il venu à dépasser le cadre de la philosophie traditionnelle pour accéder à une pensée dont les tendances profondes anticipent certaines conceptions marxistes? C’est à cette question que s’attache le livre sur Le Jeune Hegel. Publiée en 1948, mais achevée en 1938, l’étude de Lukàcs est animée par une double ambition. Tout d’abord révéler une dimension essentielle des conceptions du jeune Hegel, à laquelle les historiens de la philosophie, en raison de leurs méthodes, voire de leurs préjugés, étaient restés aveugles; ensuite, et en même temps, esquisser les bases d’une interprétation marxiste de la philosophie classique allemande.
Depuis l’ouvrage de Dilthey (1905), mais surtout depuis la monographie de Th. Haering sur Hegel dont le premier volume (1929) était entièrement consacré à l’évolution de la pensée du jeune Hegel, les interprètes s’accordaient pour esquisser l’image d’un jeune Hegel pénétré de religiosité, de mysticisme ou de romantisme. Il est vrai, reconnaît Lukàcs, qu’en raison de son idéalisme, la philosophie classique allemande dans son ensemble est restée fermée au mouvement réel de l’histoire, au sens de la lutte des classes. Mais la compréhension dialectique à laquelle accède le jeune Hegel, si elle demeure idéaliste, est cependant à l’opposé d’un irrationalisme.
Dès l’époque de Berne, en effet, Hegel ne cesse de s’opposer, au nom des idéaux de la Révolution française, aux despotismes politiques et cléricaux et, en général, à toutes les formes de servitude engendrées par la «positivité». Il s’efforce, à Francfort, de penser le dépassement de la «positivité» en dirigeant son attention sur les phénomènes historiques, sociaux, politiques et même économiques. A Iéna enfin, il met en lumière, par de nombreuses analyses qui préfigurent la dialectique matérialiste, les incohérences de l’économie de marché et appréhende l’homme à partir de ses dimensions concrètes : ses besoins, ses désirs, son langage et son travail.
Une ample présentation du Jeune Hegel par les traducteurs situe en outre le livre dans l’oeuvre de Luklcs et en donne un éclairage critique.
Dans le tome I du Jeune Hegel, Lukâcs suit le philosophe de la période de Berne au début de la période d’Iéna, soit de 1793 à 1801. Le tome II va de la brouille avec Schelling à Iéna à la publication de la Phénoménologie de l’esprit, en 1807.

La Pensée du Dehors – Michel Foucault

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L’attirance est pour Blanchot ce qu’est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l’expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l’attirance, telle que l’entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive.

Les balles du 14 juillet 1953 – Daniel Kupferstein

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Le 14 juillet 1953, la traditionnelle manifestation célébrant la fête nationale prend un tour tragique lorsque la police ouvre le feu sur le cortège. Les tirs ciblent essentiellement les représentants du parti nationaliste algérien et font de nombreuses victimes. Fruit de 4 ans d’enquête, le livre de Daniel Kupferstein décrypte les faits au plus près des témoignages d’époque et fait lumière sur ce non-dit de l’Histoire qui servit de déclencheur à la « guerre de libération » initiée par le FLN. Le 14 juillet 1953, la gauche communiste et syndicale célèbre la fête nationale, comme c’est la tradition, par une manifestation à Paris. Y participent, à la fin du cortège, plusieurs milliers de militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), le parti nationaliste algérien. Quand ils arrivent place de la Nation, des heurts se produisent et les policiers tirent froidement sur les manifestants algériens. Six d’entre eux sont tués, ainsi qu’un militant de la CGT. Et on compte des dizaines de blessés par balles. Pendant un demi-siècle, ce drame va être effacé des mémoires et des représentations, en France comme en Algérie. Pour comprendre les raisons de cette amnésie et faire connaître les circonstances de l’événement, Daniel Kupferstein a conduit une longue enquête, pendant quatre ans. Elle lui a permis de réaliser en 2014 un film, que ce livre prolonge et complète. On y découvrira les témoignages inédits de nombre d’acteurs de l’époque, ainsi que les ressorts de l’incroyable mensonge d’État qui a permis l’occultation de ce massacre. Et on comprendra le rôle essentiel de  » déclic  » joué par ce dernier dans le déclenchement par le FLN de la  » guerre de libération  » en novembre 1954.  » L’originalité de l’approche de Daniel Kupferstein réside dans sa méthode de cinéaste documentariste. Si ce livre s’appuie sur la consultation d’archives inédites, sur une lecture attentive de la presse de l’époque et des moindres évocations du 14 juillet 1953 au cours des années qui suivent la tragédie, sur une fréquentation des études consacrées à la guerre d’Algérie, une part essentielle est constituée par la recherche des témoignages. Ce qui en fait la richesse, c’est bien la rencontre avec les acteurs de cet épisode sanglant, avec leurs proches, aussi bien du côté des victimes que des forces de répression, et avec tous ceux dont la vie, aujourd’hui encore, est entravée par les non-dits, les mal-dits de l’Histoire.  » Didier Daeninckx

Une histoire populaire du football – Mickaël Correia

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De l’Angleterre à la Palestine, de l’Allemagne au Mexique, du Brésil à l’Égypte, de la France à l’Afrique du Sud, ce livre raconte une autre histoire du ballon rond, depuis ses origines jusqu’à nos jours.
Le football ne se résume pas au foot-business : depuis plus d’un siècle, il a été un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde entier.
L’auteur retrace le destin de celles et ceux qui, pratiquant ce sport populaire au quotidien, en professionnels ou en amateurs, ont trop longtemps été éclipsés par les équipes stars et les légendes dorées. Prenant à contre-pied les clichés sur les supporters de foot, il raconte aussi l’étonnante histoire des contre-cultures footballistiques nées après la Seconde Guerre mondiale, des hooligans anglais jusqu’aux ultras qui ont joué un rôle central dans les printemps arabes de 2011. En proposant une histoire « par en bas », en s’attachant à donner la parole à tous les protagonistes de cette épopée, Mickaël Correia rappelle que le football peut être aussi généreux que subversif.

L’émancipation des femmes et la lutte de libération de l’Afrique – Thomas Sankara

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« Il n’y a pas de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée, » explique le dirigeant de la révolution au Burkina Faso de 1983 à 1987. Les paysans et les travailleurs de ce pays d’Afrique de l’Ouest ont établi un gouvernement révolutionnaire populaire et commencé à combattre la faim, l’analphabétisme et l’arriération économique imposés par la domination impérialiste.

Cette petite brochure reprend le discours de Thomas Sankara qui traite de la libération de la femme qu’il prononcé le 8 mars 1987 à l’occasion de la journée de la femme.

L’arme invisible de la Françafrique. Une histoire du franc CFA – Fanny Pigeaud, Ndongo Samba Sylla

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Lorsque ses colonies d’Afrique ont accédé à l’indépendance, à l’orée des années 1960, la France a réussi un tour de passepasse redoutable. Elle a officiellement reconnu la souveraineté politique des nouveaux États tout en gardant la mainmise sur leur économie grâce à une arme aussi puissante qu’invisible : leur système monétaire.
Depuis la création en 1945 du franc des colonies françaises d’Afrique (CFA), le sigle a évolué et désigne désormais deux monnaies : celle de la « communauté financière africaine » en Afrique de l’Ouest et celle de la « coopération financière en Afrique centrale ». Mais c’est toujours Paris qui décide de la valeur externe de ces monnaies. Et la zone franc, qui assurait le contrôle économique des colonies, garantit encore à l’économie française un avantage comparatif sur le continent africain.
Les auteurs décortiquent ces mécanismes monétaires et racontent comment les dirigeants français ont combattu tous ceux, experts ou dirigeants africains, qui se sont élevés contre cette servitude monétaire. Depuis quelques années, le franc CFA est également devenu l’enjeu de luttes populaires. Conscients que les questions économiques sont éminemment politiques, les citoyens africains sont de plus en plus nombreux à réclamer leur pleine souveraineté monétaire.

L’ère du temps : Modernité capitaliste et aliénation temporelle – Jonathan Martineau

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Depuis 1967, la seconde est l’unité de base du temps social. Dissocié de toute réalité tangible, le temps atomique mondialisé sur lequel reposent les infrastructures militaires, la finance, les structures politiques et les réseaux de communication correspond à un nombre précis de périodes de radiations de l’atome de césium 133. Pourtant, malgré cette course à la précision et au contrôle, l’être humain n’a jamais été aussi aliéné par le régime temporel dans lequel il vit.

L’ère du temps étudie l’histoire de notre rapport au temps – temps des relations sociales et des rapports de pouvoir, temps de la valeur, temps producteur et produit des institutions. De l’invention des premières horloges à nos jours, en passant par l’établissement du temps universel standard, Jonathan Martineau retrace l’ascension hégémonique du temps abstrait, qui enchaîne les multiples temporalités sociales aux fins du développement capitaliste.

Constantinople 1453 : Des Byzantins aux Ottomans : Textes et documents – Vincent Déroche, Nicolas Vatin

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A l’aube du 29 mai 1453, après un siège spectaculaire de presque deux mois, les troupes du sultan ottoman Mehmed II entraient dans Constantinople, mettant fin à l’empire millénaire de Byzance. Un monde basculait, et Constantinople devint capitale ottomane. L’événement fit à l’époque grande impression et fut par la suite surchargé de significations dans l’histoire universelle : on y voyait notamment, avec la consécration de la puissance ottomane, la fin du Moyen Age et les débuts de l’époque moderne. Ce livre remet en perspective ce moment catalyseur, et de la façon la plus vivante qui soit : par les textes. Pour la première fois en français, il rassemble les sources grecques, ottomanes et occidentales, mises en contexte et éclairées à la lumière des derniers états de la recherche. Elles témoignent ensemble de la bataille, de ses suites immédiates et de sa postérité à plus long terme, jusque dans ses dimensions légendaires. A partir des points de vue les plus divers, ces textes de ton, de nature et d’origine très différents dévoilent ainsi toute la complexité de l’événement : une invitation à en repenser le sens.

Le premier âge du capitalisme (1415-1763), Tome 1 : L’expansion européenne – Alain Bihr

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La montée en puissance contemporaine des « pays émergents », au premier rang desquels la Chine, venant après celle du Japon et des « dragons » sud-est-asiatiques (Corée, Taïwan…), oblige à réinterroger voire à réviser l’histoire du capitalisme. Et de se demander si le premier rôle, longtemps tenu par l’Europe occidentale, au sein de cette dernière n’avait été qu’un accident dont les conséquences seraient en train de s’épuiser et une parenthèse en train de se refermer.
Cet ouvrage soutient que, si l’Europe occidentale a été le berceau du capitalisme et a pu, des siècles durant, en constituer l’élément moteur et dirigeant, c’est à son emprise sur le restant du monde qu’elle l’a d’abord dû. Ce premier tome revient sur l’acte inaugural de ce processus : l’expansion dans laquelle elle s’est lancée en direction des continents américain, africain et asiatique à partir du 15e siècle et qui se poursuivra au cours des trois siècles suivants. Cet ouvrage décrit et analyse les deux formes fondamentales de cette expansion : commerciale et coloniale. Il en précise les principaux acteurs : les États et leurs agents, les compagnies commerciales, les diasporas marchandes, la foule des migrants anonymes, etc. Il en donne le résultat global : la constitution d’un premier monde centré sur l’Europe occidentale dans l’exacte mesure où c’est par elle et pour elle que les autres continents vont se trouver interconnectés et progressivement extravertis.
L’ouvrage s’attache à montrer qu’à travers les comptoirs commerciaux ouverts sur leurs côtes autant que par le biais des territoires occupés et colonisés dans leurs arrière-pays, des régions entières de ces continents ont commencé à être soumises à un processus d’exploitation et de domination. Ce processus opère par le biais du commerce forcé et déloyal, par l’échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l’esclavage de leurs populations.
Il explique ainsi comment les sociétés locales ont vu leurs propres circuits d’échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. De la sorte, elles furent subordonnées aux exigences de la dynamique de formation du capitalisme en Europe même.
Mais, loin de verser dans une sorte de misérabilisme à l’égard des pays et populations en proie à l’expansion européenne, l’ouvrage insiste au contraire sur la résistance qu’ils ont su lui opposer, en la tenant souvent en échec. Résistance cependant inégale, fonction de leur développement historique antérieur et des structures sociales toujours singulières auxquelles il avait abouti.
C’est pourquoi l’ouvrage consacre également une grande attention à l’état de chacune des sociétés que les Européens vont aborder au cours de leur expansion. Il fournit de la sorte un panorama du monde à l’aube de cette dernière.
En dernier lieu, cette analyse de l’expansion européenne tente d’expliquer les divergences qui vont surgir entre les États européens quant au calendrier selon lequel ils vont se lancer dans cette aventure et les formes qu’ils vont y privilégier. Elle se penche également sur les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises.

Enfin elle souligne les bénéfices fort inégaux que les divers États européens vont retirer de leur expansion outre-mer, dont la pleine explication est cependant renvoyée aux deux tomes suivants de l’ouvrage.

Proudhon et la banque du peuple – Olivier Chaibi

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La révolution de Février 1848 a propulsé Pierre-Joseph Proudhon sur le devant de la scène publique. L auteur de la célèbre formule « la propriété, c est le vol » devint sous la seconde République rédacteur en chef de quotidiens, représentant du peuple à l Assemblée nationale et… banquier ! Quel but poursuivait alors celui qui se revendiqua « anarchiste » et souhaitait l « abolition de la royauté de l or » ? Selon Proudhon, la solution du problème social passait par une réforme radicale du crédit et de la circulation monétaire. Pour abolir le capitalisme, les travailleurs devaient se prêter mutuellement les capitaux dont ils avaient besoin et le peuple devenir son propre banquier. Selon son théoricien, la Banque du Peuple était « la formule fi nancière, la traduction en langage économique, du principe de la démocratie moderne, la souveraineté du Peuple, et de la devise républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité. » Si la Banque du Peuple n a jamais pu commencer ses opérations, elle était loin d être une chimère. Malgré l enthousiasme parfois démesuré qu elle suscitât chez quelques uns de ses adeptes, son projet répondait bien aux besoins concrets de ses contemporains. Par ailleurs, le projet initié par Proudhon le dépassa largement. À une période où le socialisme émergeait diffi cilement et dut faire face à l hostilité du gouvernement, la Banque du Peuple fonctionna pendant l hiver 1848-1849 comme un centre de réfl exion des différentes forces sociales. Elle fut l oeuvre des associations de travailleurs et de nombreux réformateurs sociaux qui ébauchèrent autour d elle un vaste projet mutualiste et coopératif. Pour toutes ces raisons, la Banque du Peuple s impose comme un moment fort, et pourtant méconnu, de notre histoire sociale. Olivier Chaïbi est docteur en Histoire et professeur en lycée professionnel. Auteur d un ouvrage sur « Jules Lechevalier (1802-1862), pionnier de l économie sociale », il est également membre de la Société Pierre-Joseph Proudhon.

 

Nulle autre voix – Maïssa Bey

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« Je suis ou je serai bientôt un personnage de roman.
Un roman qui aurait pour mots-clés : Femme. Meurtre. Prison. Violence. Silence.
Elle a tué. Elle a purgé sa peine. Elle se tait. Tout est dit. Jusqu’au jouer où une femme vient frapper à sa porte.
Pourquoi lui ouvre-t-elle ? Peut-être parce que celle qui se présente comme l’écrivaine a prononcé le mot « criminelle. Elle ne sait pas.
D’abord rétive, elle se (dé-)livrera peu à peu. Paroles nues, paroles crues, qui démaillent, point par point, une histoire ancestrale, qui ne se raconte pas.

Bleu blanc vert – Maïssa Bey

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l est désormais interdit de se servir du stylo rouge ! Le blanc du papier, l’encre bleue et les corrections écrites en rouge rappelleraient trop les couleurs honnies du drapeau français. C’est ce qu’apprennent avec stupeur Amine et Lilas en ce jour de rentrée des classes 1962. Pour les deux collégiens, une nouvelle histoire commence avec l’indépendance de l’Algérie…

 

Au pays – Tahar Ben Jelloun

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À quelques mois de la retraite, Mohamed n’a aucune envie de quitter l’atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu’il est parti du bled. Mais un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour «au pays» qui sera loin de ressembler à ce qu’il imaginait…