AMIROUCHE UNE VIE DEUX MORTS UN TESTAMENT – Said Sadi

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Depuis l’indépendance, Amirouche subit les mêmes accusations que celles dont l’accabla l’armée française. Il fut décrit comme un chef de guerre sans foi ni loi, comme un maquisard violent et sanguinaire. Saïd Sadi a toujours refusé de succomber à ces thèses faussement consensuelles. Pour lui, Amirouche ne pouvait être le monstre présenté par les services de Boussouf et Boumédienne. Il le décrit comme un stratège militaire, rigoureux mais altruiste. Doté d’une vraie culture politique, cet autodidacte d’exception avait le sens élevé de l’Etat.

ABDELMADJID BELKHERROUBI – la naissance et la reconnaissance de la république algérienne

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Le grand mérite de l´ouvrage d´Abdelmadjid Belkherroubi est de nous présenter, avec suffisamment de recul dans le temps, une étude complète et très fouillée des aspects juridiques de la colonisation algérienne et de la formation de l´Etat algérien, c´est-à-dire d´un cas plus important de la décolonisation violente.

Todd Shepard – mâle décolonisation L’« homme arabe » et la France, de l’indépendance AIgérienne à la révolution iranienne (1962-1979)

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En 1962, l’indépendance algérienne transforme le rapport des Français aux « Arabes ». L’extrême droite, qui veut contrer tout effort de penser le passé colonial, développe aussitôt un discours non plus centré sur l’empire et sur l’Algérie, mais sur la France elle-même : l’homme arabe, violent, violeur, vorace, vient « envahir » la France par le biais de l’immigration. A partir de Mai 68, un autre discours, arabophile celui-là, tenu par une large partie de la nouvelle gauche, défend un homme révolutionnaire arabe viril, vaillant, qui résiste avec succès à l’oppression, à l’impérialisme, au capitalisme.
Ces deux visions s’affrontent jusqu’à la fin des années 1970, la figure de « l’Arabe » irriguant, contrairement à ce qu’on pensait jusqu’à présent, la plupart des débats politiques et sociaux d’une France aux prises avec la libération sexuelle. A l’intersection de l’histoire du colonialisme et de l’histoire de la sexualité, Mâle décolonisation éclaire cet affrontement et renouvelle en profondeur notre compréhension des années 1960 et 1970, si cruciales pour l’histoire de la France d’aujourd’hui.

Slimane Chikh – l’Algérie en armes

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CHIKH (Slimane) : L’Algérie en armes ou le temps des certitudes. – Paris, Economica, 1981. -24 cm, 510 p.

Je suis sans aucun doute parmi les spécialistes de l’histoire de l’Algérie l’un des auteurs les plus mal placés pour rendre un juste compte de cet excellent livre. Il se trouve en effet que, vu mon ignorance des arcanes de la science politique américaine, je n’arrive pas toujours à mesurer l’importance scientifique des nombreux travaux de politologie qui s’en inspirent. J’ose même avouer qu’il m ‘apparaît souvent que les analyses politico-historiques arrivent à rendre plus clairement ce que la science politique d’inspiration américaine affirme de manière abstraite, compliquée et dogmatique. Péché avoué est à demi pardonné…

Or l’ouvrage de M. Slimane Chikh est issu directement d’une savante thèse de doctorat d’Etat en science politique, seulement allégée des développements méthodologiques. J’ai donc grand peur de n’en pouvoir saisir tous les mérites au plan de la politologie 11 se trouve pourtant que l’auteur, bien que volontairement enfermé dans des grilles d’interprétation de la political science, a su se tenir près du concret et de la du réel. Par là, la recherche politologique de l’auteur, encore qu’encombrée à nos yeux de profane d’un vocabulaire scolastique plus pesant qu’éclairant, reste accessible à l’honnête homme.

On peut donc lire cet ouvrage comme une tentative d’explication de la guerre de l’Algérie et de l’action du Front de libération nationale. Mais le lecteur français y trouvera aussi, à son grand étonnement, toute une étude des attitudes politiques pendant la guerre, une étude relativement objective et parfois perspicace qui nous est donnée de surcroît.

L’auteur a une connaissance exhaustive des travaux publiés en langues française et anglaise, ce dont témoigne la richesse foisonnante de ses notes. En revanche, par un parti pris compréhensible de la part d’un excellent arabisant, M. Slimane Chikh a, semble-t-il, décidé de ne pas recourir aux écrits en langue arabe. Certes, le F.L.N. écrivait en français, mais le combat nationaliste antérieur et la propagande de guerre ont été menés pour en langue arabe et au nom de valeurs d’appartenance islamique. Une étude de caractère historique n’aurait pu se dispenser de souligner le rôle essentiel des motivations proprement musulmanes dans le combat libérateur. La paysannerie algérienne qui a fourni la grande majorité des moudjahidines ne combattit ni pour le socialisme, ni contre l’impérialisme, mais contre l’envahisseur chrétien, contre le Français assimilationniste et pour le retour à l’authentique (c’est-à-dire à la tradition musulmane) et à la dignité d’hommes libres.

M. Slimane Chikh, qui ne l’ignore pas, est plus intéressé cependant par l’aspect du combat et du projet révolutionnaire, par l’analyse des conflits de légitimité entre les diverses instances du pouvoir révolutionnaire. Il insiste à juste titre sur l’importance capitale de l’aspect international du conflit. Dans l’évolution de la lutte de libération il montre que la seule courbe continuellement ascendante est celle de l’action C’est par elle que le F.L.N. a finalement triomphé.

L’ouvrage qui est écrit, répétons-le, dans une perspective politologique, recherche surtout dans l’histoire du F.L.N. les plans qui peuvent être éclairés à la lumière des réalisations de la phase d’édification nationale, celle qui a succédé à la phase de lutte armée. C’est ce processus de recherche qui gêne le plus l’historien pour qui le passé n’a pas à être expliqué par le présent. Mais l’historien le plus traditionaliste ne peut manquer d’être sensible à l’esprit critique de l’auteur, qui introduit avec mesure ce que l’on pourrait appeler une approche

 

révisionniste de l’histoire officielle de la Révolution algérienne. On remarquera le sous-titre du livre, Le temps des certitudes. Serait-ce à dire que pour l’auteur ce temps doit prendre fin ? On croit le comprendre à diverses notations : par exemple, l’auteur rapporte le point de vue officiel sur le massacre de Melouza «commis par l’armée française» ( ?) tout en laissant entendre qu’une enquête plus systématique s’imposerait. On eut aimé certes que Slimane Chikh pût aller plus loin, mais sa démarche de 1975 était en soi un signe d’espoir. Et son introduction qui, elle, date de 1981 est tout à fait encourageante : «II s’agit de dépasser le niveau idéologique de l’histoire justificatrice pour arriver au niveau de l’histoire critique qui a moins le souci de l’auto-justification que celui de l’auto-critique.» A cette remarque nous reconnaissons avec certitude que le temps de l’histoire scientifique est arrivé.

Charles-Robert AGERON (Univ. de Paris XII)

Mostafa Lacheraf – l’Algérie nation et société

 

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Nation-état ou nation-communauté ou simple patrie solidairement agissante, et par cela même « nationale », quelque chose existait qui a permis à l’Algérie de s’opposer, au cours de 130 ans, à une grande puissance impérialiste et la forcer, en définitive, à capituler. Quand, pour un problème analogue, Lucien Febvre parle de l’idée de nation dans la France du XVIIIe siècle, on est porté, au moins par modestie, à partager son point de vue en l’appliquant au cas précis de l’Algérie.

L’Algérie, nation et société, dont la première parution, en 1965, aux éditions François Maspero a été saluée par la classe intellectuelle de l’époque comme un événement, est un recueil d’études et de réflexions de Lacheraf sur différentes problématiques liées à l’histoire de l’Algérie. D’une lucidité remarquable, elles portaient sur des thèmes qui étaient et restent encore aujourd’hui d’une actualité certaine. Leur publication, à l’époque, était un acte de courage politique.  On relèvera, entre autres titres : Colonialisme et féodalité, Quelques aspects méconnus de la révolution algérienne, Mésaventures de l’Algérie indépendante et triomphe de l’unité, Réflexions sociologiques sur le nationalisme et la culture en Algérie.

L’ouvrage demeure une référence incontournable pour qui veut aujourd’hui s’informer des questionnements autour des centres d’intérêt majeurs de l’histoire de l’Algérie durant  la seconde moitié du XXe siècle

Pierre Vidal-Naquet -les crimes de l’armée française Algérie 1954-1962

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« Ce petit livre est destiné à rappeler les crimes de l’armée française. Je dis bien de l’armée française, non de quelques officiers. Même si la majorité de l’armée a occupé le terrain plus qu’elle n’a torturé ou massacré […], elle n’a jamais désavoué ceux qui égorgeaient, coupaient les têtes, mutilaient les femmes, les hommes et les enfants d’“en face”. »
Cet ouvrage est un document contre l’oubli. À l’heure où la question de la torture pratiquée par les militaires français pendant la guerre d’Algérie revient sur le devant de la scène politique, la réédition de cet ouvrage, publié pour la première fois en 1975, offre une nouvelle occasion de regarder la vérité en face et de reprendre un travail jusqu’à présent inachevé : celui de la mémoire.
Document exceptionnel, Les crimes de l’armée française rassemble en effet des textes émanant des autorités militaires, politiques et administratives françaises et des témoignages d’officiers et de soldats. Ils apportent la preuve de ces crimes dont l’armée française s’est rendue coupable en Algérie, mais aussi en Indochine, et dont les responsables ont tous été amnistiés sans avoir même jamais été sérieusement inquiétés.

Benjamin sStora – messali hadj (1898-1974) pionnier du nationalisme algérien

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Messali Hadj fut le fondateur du nationalisme algérien. Dès 1926, avec l’Etoile nord-africaine et jusqu’au MNA (Mouvement national algérien) en 1954, il n’a cessé d’animer des organisations nationalistes afin d’obtenir l’indépendance de son pays. Après l’insurrection déclenchée par le tout nouveau FLN en novembre 1954, la lutte fratricide entre « messalistes » et « frontistes », au sein mème du mouvement de libération, sera extrèmement sanglante, tant en Algérie qu’en métropole, dans l’immigration. Assigné à résidence en France, Messali Hadj perd peu à peu son influence, au point d’ètre totalement marginalisé et longtemps ignoré de l’histoire officielle algérienne. Pourtant, son rôle fut considérable. En le remettant en lumière, ce livre apporte aussi quelques éléments de réponses à plusieurs questions: comment Messali pensait-il le rapport entre lutte sociale et lutte nationale ? Quelle place accordait-il à l’islam dans la prise de conscience nationaliste ?
Avec cet ouvrage, Benjamin Stora exhume un pan longtemps oublié de l’histoire de la colonisation algérienne et de la guerre d’Algérie.

Messali Hadj – par les textes

 

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Dans ce recueil, le mouvement national, dont Messali Hadj est le grand fondateur, est compris au sens plein du terme, à savoir le combat mené par les couches opprimées du peuple algérien pour édifier la nation algérienne sur les principes de la démocratie. Cette conception du nationalisme a servi pour la sélection des textes de Messali Hadj présentés selon quatre périodes :

– La période 1927-1936, du discours de Bruxelles à la dissolution de l’Etoile Nord-Africaine
– L’affirmation nationaliste en Algérie : Messali Hadj et le PPA de 1937 à 1946
– Le combat pour la Constituante au sein du MTLD, de 1947 à 1954, et la lutte pour l’indépendance de 1954 à 1962.

Les textes sont écrits par Messali Hadj, et pour partie extraits de documents du PPA-MTLD-MNA. Ainsi présentés, ils n’ont d’autres objectifs que de mieux connaître un homme, « l’éternel enfermé » dont la stature ne cesse de croître.

 

 

Todd Shepard – 1962 comment l’indépendance algérienne a transformé la France

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La guerre d’Algérie nous parle de la France d’aujourd’hui, en particulier des questions d’identité et de citoyenneté, mais aussi celles des rapatriés, de l’immigration, de la mémoire et de la réconciliation. C’est ce que montre ce livre salué par les historiens et qui devrait donner à réfléchir. Todd Shepard y explique, entre autres, comment la Ve République, à ses débuts, s’est appuyée sur la guerre d’Algérie pour restreindre durablement les libertés individuelles ; et comment l’histoire de l’impérialisme et de l’anti-impérialisme français a été réécrite par l’administration, les politiciens et les journalistes pour présenter la décolonisation comme une  » fatalité « , un mouvement inévitable, au lieu de dire qu’elle marquait l’échec du projet originel d’intégration nationale dans les colonies

Daho Djerbal -l’organisation spéciale de la fédération de france du fln

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Avec ce livre, l’historien Daho Djerbal aborde un aspect essentiel et pourtant assez méconnu de l’histoire de la guerre de libération algérienne : l’action de l’Organisation Spéciale de la Fédération de France du FLN. L’histoire de cette fédération de France demeure, aujourd’hui encore, un sujet sensible. En 1962, la direction du FLN refuse de la reconnaître comme une wilaya, unité territoriale ou région militaire durant la guerre d’indépendance. Le pays en guerre avait été découpé par le FLN…

Jacques Jurquet – Algérie 1945 -1954 des elections à la lutte armée

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Jacques Jurquet, quel a été votre parcours personnel, familial et professionnel ?

Je suis né le 2 avril 1922 à Marseille, d’un père professeur de physique-chimie, par ailleurs adhérent du parti socialiste SFIO. En 1936 intervient une rupture idéologique mais pas familiale avec mon père : je soutiens les communistes dans la guerre d’Espagne et prends mon premier abonnement à L’Humanité.

Je me marie en 1941 avec Machla (Myriam) Feigenbaum, réfugiée en France avec sa famille en 1931 pour fuir les pogroms antisémites survenant en Galicie polonaise (Kozowa, située non loin de Lwow). Nous aurons trois enfants « de guerre » : Claude né le 29 janvier 1942, qui deviendra professeur dans l’enseignement supérieur et qui est actuellement retraité ; Michel né le 13 août 1943, psychiatre et psychanalyste à Orléans ; et enfin Viviane, épouse Kleinmann, née le 6 novembre 1944, qui est devenue professeur de dessin et travaux manuels, elle aussi en retraite et habitant Maisons-Laffitte. J’ai également 15 arrière-petits-enfants si on réunit ceux de mon premier mariage avec ceux de ma femme Baya.

Après la guerre, Myriam est atteinte de psychose binaire, comme le philosophe Althusser. Je me sépare d’elle en novembre 1959 et je vis alors avec la dirigeante communiste des femmes algériennes Baya Bouhoune, qui deviendra Baya Jurquet en 1978. Baya participe à de de nombreux Congrès mondiaux (Budapest, Vienne…). Elle assiste comme invitée observatrice au Congrès des Femmes d’Asie en Chine, dès 1949. A cette occasion, elle rencontre Chou Enlai, le Maréchal Chou Teh, ainsi que le dirigeant coréen Kim Il Sung. Baya décède le 7 juillet 2007 à l’âge de 87 ans. Je suis donc veuf depuis 2 ans et demi.

Mes parents, qui seront honorés comme « Justes parmi les nations » du fait d’avoir sauvé quatre enfants et adolescents juifs en 1943 et 1944, à Poligny dans le Jura, décèdent à Marseille respectivement en 1967 et 1985. Ils sont devenus communistes après la guerre au moment de leur retraite, après le rejet du Parti socialiste dés 1940.

Je suis devenu en 1946 inspecteur des impôts pour pouvoir élever mes enfants. J’avais réussi le concours pour cette fonction en 1942 à Marseille, mais n’avais jamais rejoint l’école des Impôts puisque j’étais devenu clandestin. Sur ma demande, début 1968, j’obtins un congé sabbatique d’un an. En vérité je résidais à Paris pour diriger le Parti communiste marxiste-léniniste de France, fondé le 31 décembre 1967. Je devins clandestin à partir du 12 juin 1968 en tant que secrétaire général du PCMLF interdit par le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin qui avait reçu la francisque de Pétain. Je suis sorti de clandestinité en 1978 au moment ou le PCMLF devient le PCML.  Je suis admis à la retraite de mon administration de façon anticipée, grâce à mes temps de résistance et de première armée.

Tous ces faits sont relatés dans mes ouvrages autobiographiques.

Ait Ahmed – Mémoires d’un combattant. 1, L’esprit d’indépendance : 1942-1952

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130 ans de colonisation, 20 ans de révolte, 8 ans de guerre pour aboutir à ce qui a été vécu comme une accession à l’unité par les Algériens, comme un arrachement et un abandon par les Français d’Algérie — ces temps ont inscrit dans l’histoire étroitement mêlée de nos deux pays des douleurs profondes et attisé des malentendus. 20 ans après, on peut enfin écrire l’Histoire. Pour la première fois, un « chef historique » de la révolution algérienne parle, nous livre ses souvenirs, ses réflexions et ses analyses. Enfant des hautes montagnes du Djurdjura, Hocine Aït Ahmed connaît la vie misérable des paysans de Kabylie et les premiers défis à l’administration française qui lui valent, à 11 ans, une journée de prison. En 1942, à 16 ans, il adhère au Parti du Peuple Algérien (PPA) dirigé par Messali Hadj, et, dès lors, ne cesse de lutter pour la libération de son pays. Il entre dans la clandestinité — il fut, pendant deux ans, à la tête de l’Organisation Secrète (OS) qui, en 1949, comptait déjà 2 000 hommes dans ses rangs —, puis est contraint à l’exil au Caire, avant de créer le bureau du FLN à New York et d’être arrêté en même temps que Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lacheraf dans le fameux détournement d’avion. Dans ce premier tome, Hocine Aït Ahmed n’esquive pas les problèmes politiques : luttes intestines, manœuvres électorales, mais avant tout il fait revivre le souffle patriotique qui animait la jeunesse algérienne au travers d’épisodes tels que l’attaque de la poste d’Oran, l’affaire des maquisards de Kabylie, la liquidation des « milices noires » et tant d’autres.